
Morphine est l’un de mes groupes favoris ; est-il oublié ? Un peu. Formé d’une batterie, d’une basse écordée (Mark Sandman) et d’un sax ténor (Dana Colley), trio donc original, il a publié trois albums chez Ryko, tous valables ; les deux derniers sur une major sont plus faibles. Sandman et sa basse deux cordes meurent sur scène d’une crise cardiaque en 2000.
Cet album est le deuxième ; il est plus solide que le premier, Good (1991, #545) ; Jerome Deupree (qui reviendra sur le troisième, Yes, 1995, #52) est remplacé sur cet album par Billy Conway. Le moins qu’on puisse dire est qu’il enfile les titres sérieux comme si de rien n’était. La suite Buena, I’m free now, All wrong, Candy, plus Cure for pain, Mary, et Sheila sont assez indiscutables. L’effort sera transformé avec Yes, mais on conçoit les limites d’une telle formation ; le groupe l’a bien compris qui n’a pas hésité, plutôt que de s’engager uniquement sur des arrangements externes (claviers, guitares, qui existent toutefois), à soigner les mélodies de ces chansons qui pourraient donc les faire pencher vers une espèce de lo-folk, mélancolique mais brillant.
