555. The Rolling Stones, Foreign tongues, 2026 | BV

 


 

25e et probablement ultime album des Rolling Stones, sorti le 11 juillet, autorisant donc pour une fois de ne pas tumbling les dice.

Je pense qu’il n’est pas nécessaire de s’appesantir sur le sujet, et toutes les chroniques qui affirmeront que « c’est probablement le meilleur album des Stones depuis Some girls (1978, #157) », phrase qu’on entend depuis Tatoo you (1981, #705) », soit n’en ont rien à foutre, soit mettent trop d’enjeux mal placés (idéologie) dans la publication des albums de musique populaire.

Ce n’est pas un album inoubliable, mais comme ce sont les Stones, il y a des morceaux qui ne sont pas mauvais, comme le single Rough and twisted, pour moi peut-être le meilleur de l’album ; pour le reste, la clef générale est jaggerienne (excellent aure single Mr Charm, et diverses balades et même chanson country) (et le chant est toujours maîtrisé) ; ce qui m’a frappé est l’absence ou la manque d’intérêt de Richards ; Ron Wood fait ce qu’il peut pour combler, et Steve Jordan est impeccable dans son rôle. Mais l’absence de Watts se fait sentir et la production de Watt (sans jeu de mot), réitérant l’objet du précédent album, en quelque sorte un chouia plus intrigant, me paraît aussi daté qu’erronée.

Il y a deux superbes reprises, d’Amy Winehouse et de Chuck Berry, finalement, qui fonctionnent ; il me semble qu’on voit là l’empan esthétique qui est à portée du groupe actuel : du rock historique à la pop-rock d’avant 2000. Que faire du rock aujourd’hui ? C’est peut-être la question que pose cet album (le troisième de la décennie, plus un album de reprises de blues, Blue and lonesome, 2017, #160 : le meilleur des quatre, et de loin).

L’album est honnête, meilleur que bien des albums de rock, un peu comme Emotional rescue (1980, #720), mais reste un peu en berne au sein de la discographie.