Archives de catégorie : Chroniques

730. Ten Years After, Crickelwood Green, 1970 | BV

 

C’était le bon temps, et on produisait des disques à tire-larigot. On le décrit comme le meilleur du groupe (j’ai une préférence pour Stonehenge) et on voit bien ici la recherche en acte d’un groupe de power blues à frisottis psychédéliques, qui doit non seulement se détacher des concurrents (Creedence donc, Jimi Hendrix Experience, voire les Doors) et y parvient, avec des originalités que ne dédaignerait pas un Prince (50000 Miles…). Sans ces excursions hardies (Circles) ou plus strictement rigoureuses (Love Like A Man), cela resterait un album aimable de blues américain, un disque des Doors. As The Sun… démontre cette ambivalence, arnaquée par les machines d’Andy Johns.

 

 

137. Creedence Clearwater Revival, Creedence Clearwater Revival, 1967 | BV ▥

 

 

Il faudrait réécouter tout Creedence pour comprendre ce qu’il s’est passé avec ce groupe. Les chansons comme les textes sont on ne peut plus simples, c’est peut être la sincérité ou l’engagement de Forgerty qui fonctionne mieux qu’ailleurs… Ou alors c’est la voix, épaisse et rauque, parfaite pour l’exercice. Sans doute un peu des deux : une voix qui sait rendre subtil des basiques — comme d’ailleurs les soli de guitare, de même acabit. Cet album est meilleur, même s’il est sans doute un peu moins connu que les autres, et marque le début d’une production de hits incomparable dans la période — même si ici on a deux reprises, et lesquelles ! I put a spell on you et Susie Q. Mais tout est là : la caresse vaguement progressive sur un blues blanc et boueux, qui ne déroge pas à un certain mystère propre au bayou, notamment dans l’extraordinaire Walk on the water.

 

Eric Darsan † Rapport sur la (dé)construction du Général en parti[cul(i)]e(r)[s].

Eric Darsan

Né en 1975, Eric Darsan est écrivain, critique et nomade. Il publie textes et articles dans diverses revues littéraires en ligne (remue.net, Poezibao, Sitaudis, La vie manifeste, etc.) ainsi que sur son site personnel, avec un intérêt particulier pour l’édition indépendante, la littérature contemporaine et expérimentale, poétique et politique. Il est l’auteur du Monde des contrées, paru en 2016 aux éditions Le Tripode, une introduction à l’œuvre intégrale de Jacques Abeille illustré par les 400 coups, collectif d’une vingtaine d’artistes sérigraphes.

Membre actif du Général Instin,  il est également l’auteur de (G)rêve, Général(E) : Chant de guerre pour l’armée d’Instin, une série insurrectionnelle en quatre temps publié en collaboration et en simultanée sur Remue.Net et Lundi Matin. Le général en mouvement(s), Instin, de l’IS au NSK : tentatives d’approche du fantôme collectif, a fait l’objet d’une Conférence performée à la SBC Gallery of Contemporary Art dans le cadre de Publishing Sphere où il était invité avec Patrick Chatelier pour représenter le GI.

 

« DGSI partout, GI nulle part ! »
Statu-t/-e du Général Instin, 10/09/2019


In-/Con-struites par les plus éminent·e·s spécialistes dé-/re-pêché·e·s de/par la PP (Police Po-é-li-tique), nos informations (quantiqu-/-tativ-/ement astronomiques) en provenance du CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire, avec un O mal fermé devenu C — couac infinitésimal) et de la DGSI (DST+RG-GI) sont (in)formelles : le Général est en marche (comme on dit en voiture Simone) : c’est là son principal moyen de locomotion (la marche, pas si molle). Bien entendu, il faut avouer que ça prête à con-t/f-usion(s) cette façon de. Mal parler [ce texte a été initié à/pour l’oral — après c’est parti en q(uen)ouille] d’une personne comme s’il s’agissait d’un mouvement.

Pourtant, si on les décompose sur le mode de la chronophotographie, qu’on saisit/isole chaque instant en (con-)séquences, le Général comme son pré-tendu (c’est entendu, di-s/-t) mouvement (Général & parti[cul(i)]e(r)[s]) se (dé)multiplient, se r-e/a-ssemblent successivement jusqu’à se re-joindre et in-/con/-stituer [(dé)formation] une seule unité [division], unique pulsation sonore induisant un rythme à une période/fréquence que l’on peut mesurer ainsi (grâce aux dernières avancées de la chronobiologie anthropométrique) : G=I+G= GI.

Du moins c’est ce qu’on dit (nous l’allons montrer tout à l’heure).

(Avertissement : ce qui suit est une expérience de pensée, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé sera déterminée par l’intervention de l’observat·rice·eur, conformément aux instructions du Général Erwin Rudolf Josef Alexander Schrödinger).

A-G

GI marche, donc, comme un seul homme [ou femme, genre on ne sait pas]. Au pas, ou pas. Mesuré, pour être précis : une deux (bis repetitae) [autrement dit : pas de deux, dit aussi : pas (maré)cha(u)ssé(e) — vue du dessus : : / de côté : ..]. Une par(t)i(culari)té qui lui donne généralement l’allure androgyne d’un métronome. D’ailleurs, quand il prend les transports en commun, il marque la mesure de même, dodeline de gauche à droite (et vice versa). Mais il arrive aussi que le Général accélère, hâte le pas de course, charge comme un sauvage, d’avant en arrière-garde/cour[re comme un dératé].

Parfois (de plus en/le plus souvent), comme un(e) vieil(le)( h)ard(e), le Général aime que les choses soient égales, qu’elles soient régulières. Que rien ne dépasse. Que tout soit uniforme. C’est reposant. Cela lui permet, à lui, d’être en mouvement. De dé-river/-lirer. Quitte à s’exclure, à sortir, à surgir, à se jeter dehors, à se ruer dans l-e(/a) ru(e), à quitter l’(h)UT(te) (Unité Territoriale) pour le (Hors-)sol.

B=

Le Général est in-/ex-clusif dans le même temps/espace/syntagme/segment. Quand il dit j’erre, il digère [, ]vraiment. Il a un appétit dément, pas d’oiseau, mais de vraies fringales. Et quand il a terminé de se fringuer, il sort et dit gère à son corps défendant. Il se préfère i(rré)sol-é(-/u)ment solitaire, plutôt que mal accompagné. Suit un régime particulier (: c’est un(e bande de) jeune(s) à lui tout seul) qu’il respecte à la lettre (lui qui commande, qui obéit : GI reste & GI suit). Avant de sortir, il se fend la gueule(,) cassé(e) d’un large sourire et de quelques plaisanteries qu’il garde pour lui (c’est là son joker). Dans le cas (toujours particulier) où il viendrait à se rencontrer au gré d’un dîner mondain et ne saurait pas quoi se dire ou faire, comment se (re-/dé-)tenir en société. Secret et volubile, GI s’efface, s’oublie et s’éparpille en — babilles.

C-I

D’Instin, on ne sait pas grand-chose dans le fond. En tant qu’homme, ou femme, il ne faut pas le chercher. En Général, on le trouve. Bienveillant envers les hommes, les femmes, les enfants et les animaux, il passe son temps en différ(-e/)ant(s) avec\contre ses semblables, sans répit ni repos. Dispos, vacant, il va, quand il en a le temps, vaquer loin du troupeau, de l(’)a(t)[ ]troupe(ment).

A ce moment précis passe un enfant, passe un oiseau. Pas un ange (on n’a pas le budget pour ça, pas les relations qu’il faut), mais un passereau. Pan ! Bang ! : le Général a sorti son flingue, flingué l’enfant : flingué, l’enfant ! Alors on ne salue plus, a demandé le Général, comme pour lui-même. Et Instin de répondre, le clope au bec, saoul comme une grive : nan.

D+

GI ren-/dé-/ren-gainant (il participe, présent), en prend de la graine après coup, égrène les raisons de la gêne. De l’oiseau il n’a que faire, qui tient trop à ses plumes pour risquer le tiers de la moitié du commencement d’une [barbe=>G/R/H-achis].

Et c’est ainsi qu’Instin songe/observe/s’aperçoit/comprend en Général et conclut : l’enfant au fond, et surtout dans sa forme (du moins ce qu’il en reste) n’est pas l’étranger. N’est pas camus, couvert de sang : il est mort pour de(ux) faux : pour l’adulte et pour l’enfant. Mais c’est déjà trop, traumatisant, trop marcher dans les pas de l’adulte vieillissant. Alors GI se jette contre les murs et y imprime – rouge sang sur faux sang blanc – son non ancien, son nom nouveau, qui le voit naître et grandir et mourir tout-en-un : Instin. Général. Général Instin.

E-G

L’enfant, c’est l’Enfance du Général. Que le Général a tué. Par lui-même (by himself – le Général, en grandissant, a appris la langue commune à son temps). C’est ainsi qu’il s’écri-t/-e. Fait entendre sa voi-e/-x par ses mains.

Et c‘est alors que l’enfant se relève. Le Général n’a pas totalement tué l’enfant. Ou plu(s )tôt : pas vraiment. Il l’a tué avec ses mains d’adulte [en] (in)complet, sous couverture, déguisement (déguisement vrai, mais déguisement tout de m-è/ê-me), mimant des pistolets. L’index et le majeur joints en barillet, l’annulaire en guise de gâchette et le pouce en chien de fusil. Son petit doigt, lui, ne dit rien. Témoin pourtant, mais silencieux tout de même.

F=

Le meurtre n’a pas fait de bruit, il s’est fait en silence. In-/Con-struit progressivement. Comme une intrigue, avec ressorts et tout. [F®iction] in-/ex-clusive, ir-/réductible de parti[cul(i)]e(r)[s]. Désormais GI est HS. Hors-Sol, réellement. Réalisé et réifié, monde et hors-monde, arche et soubassement, chtonien et ouranien, tout ou rien, léger et terrifié dans le même temps, GI erre et rit comme un damné de la terre. Reste 2 π R. Inspecte le périmètre, en connaît un rayon, tourne en rond, s’oppose diamétralement à toute tentative d’encerclement. G demeure un mystère, I[l] s’ignore et se découvre continuellement. Chez lui. De là, depuis, le Général nous somme de faire/de dire/d’être le Général : nous qui lui donnons perpé-/mu-tuellement naissance et le perpé-tuons, nous(, en) sommes, nous sommes Le Général, astre brûlant et froid en perpétuelle (r)évolution.

GI=HS

In General imus nocte et consumimur Instin

Arno Bertina • ‘Je suis une aventure‘

Hors-Sol a réalisé en 2013 un série d’enregistrements vidéos avec deux de nos auteurs les plus importants, Arno Bertina et Nicole Caligaris, qui nous parlent de livres et de lectures. Nous poursuivons cette série avec Arno Bertina, qui lit deux extraits de son roman Je suis une aventure.


Agathe Elieva • Ne cherche plus… (02)

elieva_02

…Ne tombe pas, je suis nue…

Ne cherche plus tes gros sabots, c’est moi qui les ai
Ne cherche plus tes pilules, je les ai toutes dorées
Ne cherche plus ton chapeau, je travaille avec
Ne cherche plus le La, je l’ai donné aux mouettes
Ne cherche plus ton lion, je l’ai mangé
Ne cherche plus l’aiguille dans ta botte, c’est moi
Ne cherche plus ton étoile, je reste inaccessible

Ne cherche plus l’aspirine, elle est cachée
Ne cherche plus l’ennui, il meurt
Ne cherche plus mon enfance, elle demeure à Stockholm
Ne cherche plus ta promesse, ce n’est pas l’aube encore
Ne cherche plus ton temps, il s’est perdu
Ne cherche plus le sol, tu marches
Ne cherche plus l’or, il est dans tes mains.


© Agathe Elieva, 2013. « Écrit, joue, transmet, écoute, observe & vit. A ce qu’il parait. » Voir Alfee et Cie

Agathe Elieva • Ne cherche plus… (01)

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…Ne tombe pas, je suis nue…

Ne cherche plus tes doigts, je les ai tous croisés
Ne cherche plus ton sort, tu es en train de pleurer dessus.
Ne cherche plus ta daube, j’en ai fait une journée
Ne cherche plus ton blason, je l’ai redoré
Ne cherche plus ton Optimiste, je suis sortie en mer aujourd’hui
Ne cherche plus ta manche, je vais la traverser
Ne cherche plus les chats et les chiens : ils sont à Londres en train de pleuvoir

Ne cherche plus l’eau du lac, je l’ai lancée
Ne cherche plus le ridicule, je l’ai frisé
Ne cherche plus ta veste, je l’ai prise
Ne cherche plus tes chaussettes, j’ai déposé mon moral dedans
Ne cherche plus mes bottes, elles sont pleines
Ne cherche plus ton frein, je l’ai rongé
Ne cherche plus le bourdon, il a volé jusqu’à ma maison
Ne cherche plus ton pied gauche, il est près de mon lit
Ne cherche plus le vent, je viens de le prendre
Ne cherche plus le petit pois, je suis sous ton matelas
Ne cherche plus ta petite cuillère, je me ramasse avec


© Agathe Elieva, 2013. « Écrit, joue, transmet, écoute, observe & vit. A ce qu’il parait. » Voir Alfee et Cie

Pierre-Antoine Villemaine • Untitled (I)

C’est pour savoir où je vais que je marche.

Goethe

Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope – à chaque pas une nouvelle constellation; de vieux éléments disparaissent, d’autres se précipitent; beaucoup de figures, si l’une d’entre elles persiste, elle s’appelle « une phrase ».

Walter Benjamin

 

 

 

 

 

retour sur une variation initiale

 

sans chemin sans issue
depuis l’intérieur du langage
elle est au secret
dans le squelette de la langue

 

elle veut se reconnaître
elle veut tenir sa promesse

 

vouée à la répétition
elle prend le chemin du retour
elle se reparcourt
métamorphose son passé

 

l’écho lui porte assistance

 

reconduite ainsi
jamais présente
sans cesse revisitée
chaque fois remise en jeu

 

toujours déjà là
toujours à venir
rongeant le présent

 

tourment d’une pensée aussi fuyante qu’obstinée — infiltrée dans la langue

 

dans l’attente d’être imaginée
inconcevable à la raison
hors de vue
elle vient  à toi jusque dans ta solitude

 

 

 

enlace ton rêve

 

à nouveau —
à nouveau je poursuis une figure nouvelle
toujours la même

 

enveloppe d’un certain néant
sans cesse réactualisée
elle revient
dissemblable
engendrée dans l’artifice

 

une flexion de voix la compose

 

tout en elle doit être plaisanterie et tout doit être sérieux

tout offert à cœur ouvert et profondément dissimulé

 

le calme de ce visage aux yeux fermés, replié vers son dedans, mourant de manière quelconque, il se rend vers l’amanthis, vers la douceur du repos

 

l’expression étrange de sa simplicité

 

ce visage gelé dans l’image semblait dire : « je viens te faire don de mon malheureux corps »

 

[puis j’y accolais comme au hasard une image que j’aimais,
ce crayonné de visage aux paupières closes m’ouvrait un sens
que j’avais rejoint malgré moi, dont je ne m’étais jamais éloigné,
dont j’héritais, dans lequel j’étais immergé…]

 

quelle confiance accorder à ce visage ?

 

ici-même les morts ne sont pas en sûreté…

 

 

 

 

 

le louvoiement parfois soutenu par le souffle d’une image

 

« celle qui resplendit en marchant »

 

ou l’idéa de un volto

 

longtemps rêvé
un sentiment de visage affleure
un miroitement paré de lettres
rêverie dangereuse
d’une présence inondée de lumière
irradiation soudaine
submergée sous l’éclat de la manifestation

 

lumière éclatante d’une image
mémoire d’un éblouissement

 

elle se cherche une demeure précise
tente de faire vision
dans le commerce verbal

 

elle gît là
la force secrète
mise en réserve
cachée dans ces traits morts

 

l’image perçante
tenue par une distance infranchissable
intouchable dans sa limpidité

 

–       et qui crois-tu, tes yeux ou mes paroles ?

 

pas une présence
mais l’effet d’un centre suractif inapparent
respiration du fantôme de l’idée

 

l’étrange visite convertie en paroles d’image
accentue l’intensité de son incohésion
soutient l’intensité qui l’excède

 

tu ne sais pas encore de quel nom l’appeler
mis en fable,  elle se détourne, elle glisse à la surface

 

versatilité infinie de ce corps sonore
jamais rencontré
jamais oublié

 

étrange blancheur, cireuse en vérité, de ce visage beau comme une peinture

 

l’avancement de mon regard dans ce visage s’effectuait aux
dépens de la certitude, je m’aventurais désormais dans une
profondeur incertaine, rêvais des liens innombrables, incertains et
je formais des créations toujours nouvelles

 

le visage se décomposa et fut presque aussitôt remplacé par un
autre

 

l’écoulement incessant d’une forme dans une autre

 

pas de visage mais une cavalcade de visages, de brouillards
de visages qui se métamorphosent et dont seul le regard persistait,
deux trous noirs qui ne cessaient de me fixer

 

ce n’était pas tout à fait le silence — c’était bien proche — plutôt une rumeur, un murmure qui cognait, renvoyait à des bribes endormies, végétatives, à des restes engourdis, de sensations recouvertes, enfouies

 

par effraction
retour de l’inanimé

 

les cailloux poussent
j’ai le devoir de veiller sur eux

 

comme une vacillation l’éclat du mot ouvre l’espace

 

on n’a beau dire
on ne voit pas

 

ici — il n’y a pas d’image arrêtée, il n’y a pas d’image (J. D.)

 

les cailloux poussent
un monde ancien remonte

 

ce visage frémissant
ce visage craquelé
aux couleurs passées

 

vu de profil
privé de regard

 

son indifférence nous maintient à distance

 

l’émotion composée
s’octroie une signification
parfaitement vide
l’apparence d’un sens

 

la pensée-son
brisant les fils
parfaitement folle

 

le progrès régressif de la pensée

 

pas de retour circulaire mais une avancée en spirale – un cercle virtuel qui se dédouble et monte sans jamais se réaliser

 

ce qui arrive ici n’arrive jamais

 

ce qui échappe à la parole passe par la parole

la parole œuvre ce qui l’excède

 

— ce que je dis, je le tais

 

elle touche à peine le sol, accueillie dans le dire la vision fugitive n’a pas encore revêtu la forme d’une sensation

 

sans relief ni matière
suprêmement ancienne
elle n’est rien de neuf

 

elle reprend
des gestes oubliés
secrètement réglés

 

l’écho révèle ce qui l’institue

 

sans voix — je puise dans la réserve de paroles, je m’immisce dans une parole déjà dite, me glisse subrepticement dans le préexistant confié en héritage — nous écrivons toujours sur de l’écrit

 

le braconnage de la pensée  — entrelacements de phrases dont les accidents ne cessent de se fondre les uns dans les autres

 

avant la pensée — la nuit
après la pensée — la nuit

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