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185. IAM, L’école du micro d’argent, 1997 | BV

 


 

Un plaisir et un honneur, et une responsabilité, parler de ce disque, qui est un chef d’œuvre, et qui n’a pas bougé, dans l’esprit et dans la forme depuis sa parution en 1998. Tout le monde connaissait IAM et Je danse le mia, et tout le monde les appréciait, mais L’école du micro d’argent a mis tout le monde d’accord.

Petite expérience personnelle : à cette époque, je renâclais sur toute la musique non instrumentale — un débat totalement inutile — et je n’arrivais pas à écouter du hip-hop. Mais j’ai craqué et pour ne pas me faire pécho (je n’assumais pas) j’ai acheté la cassette de l’album. J’ai adoré les paroles, les sons, les mix et les scratchs et les samples et, bien évidemment, les percussions (disons), du Tempo et surtout de Demain c’est loin.

Ce dernier morceau, bien sûr, leur tout meilleur, est une claque poétique et musicale.

Autre petite expérience personnelle : une dizaine d’années (la parution de l’École), j’adore cet album et je reste un peu sur ma faim avec les albums successifs (pour ne pas dire presque vexé) ; je donne des ateliers d’écriture dans une téci et nous parlons poésie ; et je balance l’une après l’autre Ces gens-là et Demain c’est loin ; les gamins restent stupéfaits par l’interprétation de Brel… et moi je reste stupéfait de leur connaissance des paroles de Demain c’est lin par cœur !

Dis ans après, je le constate à nouveau : cet album est devenu une pierre angulaire de la « culture hip-hop » (si elle existe)n comme What’s goin’ on (1971, #127) ou London callin’ (1979, #391) si on veut. Il y a un avant et un après. Il y a identification, et une inscription notable. Avec la parution, l’année suivante, du disque homonyme du Suprême NTM (#418), la scène « urbaine » se retrouve durablement vitrifiée, au moins jusqu’à l’émancipation de Booba.