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444. John Martyn, Solid air, 1973 | BV

 


 

Solid air, titre éponyme et ouverture de l’album, donne le ton : genre de Woodstock (Joni Mitchell) sous acide — mais l’image n’est pas bonne, Woodstock était déjà sous acide ; au bas-mot, c’est au moins Woodstock héroïne, mais c’est en réalité pire que ça ; ce n’est pas une chanson sous effet de substances ; c’est une chanson chantée depuis la loge noire, depuis un univers parallèle (elle est écrite pour Nick Drake).

Si plusieurs morceaux sont plus classiques (Over the hill, Go down easy, Easy blues) mais plaisants, ressortissant du folk so british de l’époque (on cite Michael Champman ou Fairport Convention), d’autres, à l’image de Solid air, sont véritablement plus risqués ou entreprenants (faisant appel à une batterie, un rhodes, un saxophone) : entraînant Don’t want to know, soucieux Man in the station, ou suicidesque (je parle du groupe), presque stonien, I’d rather be the devil, petit chef d’œuvre du disque. Faisant de celui-ci une pierre angulaire de la chanson, triste et consacrée, à une époque où tous les possibles se voient figés par l’effroi. Et si tout cela n’était que du vent ?