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262. Namas Pamos, L’odeur d’un cri, 1997 | BV

 


 

Une fois n’est pas coutume, je propose ici un disque, pour débuter l’année, qui est l’un de mes meilleurs compagnons de vie (il a lui aussi eu droit à son Pistes et sillages), et ceci sans qu’aucune raison objective ne peut soutenir cette proposition.

Enfin tout de même, si : une production impeccable, bien meilleure que sur les autres disques du groupe ou plumitifs plus ou moins similaires.

C’est un drôle de disque, pratiquement introuvable aujourd’hui, dommage. Je l’ai découvert lors d’un mémorable concert dans une salle non moins mémorable, le Bled, à Souspierre, dans la Drôme.

Je ne suis vraiment pas connaisseur de ces groupes de rock très très souterrains, d’inspiration punk et tzigane et folklorique et un peu ska, et je ne saurais plus bien relier cette formation aux autres, plus connues, de l’époque, VRP ou Suprêmes Dindes, par exemple.

Si je me concentre sur le disque, il est bien difficile de décrire cette masse de son et de texte : des textes en français mais aussi en une langue imaginaire, vaguement orientalisante, steppique ; des sons de musique rock-jazz avec de forts accents folkloriques donc, et tziganes, je l’ai dit, mais aussi une vraie recherche qui confine au jazz et à l’electronica.

On a l’impression d’une mise en abyme, un groupe de la banlieue de Florac se fait hacker par une peuplade balkanique ou caucasienne revendicative, engagée et énergique, et les détourne de leur classique rave-partie.

Une étincelle à la Michaux nourrit des textes parfois absurdes et souvent cruels et déconcertants, puis c’est un samizdat de revendications territoriales et de lices chamaniques dont l’auditeur sort aussi ragaillardi que joyeux.

Un mot sur la production, donc parfaite ; section rythmique à l’os et son précis, instruments non électriques captés avec goût, voix et le reste s’ensuivent. Un disque étonnant, unique, à mettre entre toutes les oreilles, d’ici et d’ailleurs.