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472. Frank Zappa, Sheik Yerbouti, 1979 | BV

 


 

Arf, Frank Zappa.

Zappa est 5e dans la Souche, pour le nombre d’œuvres au compteur, avec 17 disques, dix-sept ! Et il y a de tout chez Zappa, du bon et du moins bon, et souvent pas beaucoup de moins bon. C’est le premier Zappa que l’on chronique, il faut bien mettre en contexte…

Il y a toute une veine sarcastique, meilleure que la veine humoristique. Un Zappa qui se prend au sérieux, et un Zappa qui s’en fout. Des disques pensés, et des disques plus relâchés. Un Zappa qui s’écoute jouer (interminables solos) et Zappa fin analyste de la société et de la politique. Mais Zappa est aussi sa propre caricature… tout en le sachant, ce qui complique les choses.

Je ne sais pas si c’est bien de commencer par Sheik Yerbouti. Le titre déjà, et la terrible pochette (mais pas autant que celle de Joe’s garage). Mais comparé à ce dernier, le disque est plein de surprises.

C’est un double album de morceaux inédits enregistré live. Il n’y a guère que Zappa à pouvoir réussir ce genre de gageure. Plusieurs morceaux, dont les simples, sont des parodies sévères, comme Dancing fool (sur le disco) ou I have been in you (à partir de Peter Frampton) ; certains sont controversés — et seraient probablement blackboulés aujourd’hui : Jewish princess (stéréotypes juifs), Bobby Brown (monde SM gay) ; d’autres, comme souvent chez lui, dérivent de morceaux antérieurs, comme Rat tomago ou Sheik Yerbouti tango.

On trouve des pièces très réussies, comme I’m so cute ou Broken hearts are for asshole, dont on se demande quelle peut être le degré de difficulté à interpréter sur scène. Et au-delà de tout cela, il y des morceaux presque parfaits, comme l’étonnant Rubber shirt (bien que je ne sois pas un adepte des démonstrations instrumentales, la technique de la xénochronie (mélanger deux prises de deux morceaux différents) fonctionne ici de manière optimale), Yo’ mama, ou encore City of tiny lights.

De sorte que, malgré les réserves qu’on pourrait faire, l’album — qui sert aussi à financer des projets plus ambitieux, dit-on — est l’un des meilleurs du maître — chez moi le 6e mais je ne suis pas un bon critique de Zappa (Broadway the hard way, 1988 est le premier de la souche, #202… suivi de Chunga’s revenge, 1970, #209 ; autant dire que les inconditionnels me rient au nez).