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390. Paolo Conte, Paolo Conte, 1974 | BV

 


 

Il y a deux albums de Paolo Conte qui s’intitulent Paolo Conte ; on les distingue par l’ajout de la date, 1974 et 1975. Celui-ci est donc le premier, et c’est donc aussi le premier de l’auteur.

Mais Conte est déjà actif depuis un moment dans l’ombre (Adriano Celentano, Patty Pravo, Caterina Caselli, Enzo Janacci), et il a eu le temps, durant ses activités, de composer des morceaux, dont plusieurs classiques ici (La fisarmonica di Stradella, La ragazza fisarmonica, Lo scapolo et Onda sur onda, par exemple) et surtout d’imaginer une forme qui soit pour le moins géniale, cet apparent crooner chansonnier jazz de ballo liscio, en réalité un chroniqueur acéré et presque punk.

Obstinément indifférent aux modes, ce premier disque (à 37 ans) marque le début d’une carrière qui offrira peu de coups bas, respect.

 

 

530. Enzo Janacci, Fotorecord, 1979 | BV

 


 

Janacci est un autre ovni de la chanson plus ou moins pop plus ou moins rock italienne, au même titre que Battiato ou Gaber… des auteurs tellement pleins de leur écriture, reconnaissables au premier coup d’oreille, et intrigants.

Ce n’est peut-être pas le meilleur album (je préfère le suivant, Ci vuole orecchio, 1980, #420), mais au moins est-il original : il s’agit d’un recueil de morceaux déjà publiés ou enregistrés par lui ou d’autres en d’autres format, lesquels sont agrémentés de trois monologues plus ou moins irrévérents (Il ficus, Il labrador, Il sintetizzatore). C’est un album qui amène plus de visibilité à l’artiste, porté par Io e te, une classique balade italienne.

Mais l’introduction fantomatique de Natalia, la simplicité touchante de Mario (coécrite avec Pino Danaggio qui l’avait même publié), puis Ecco tutto qui (déjà enregistrée par Mina) e l’excellente Saltinbanchi sont décidément bien valables… et font de cet album, comme de multiples autres essais des années 70 des œuvres entières, expérimentales pour une part, celle où l’auteur se sert de sa chanson pour explorer des paysages neufs, plus ou moins inconfortables, en ce qu’ils doivent impérativement, semble–il, sortir de l’assiette de ces années dures par ailleurs.

On retrouve aussi du Conte, puisque Janacci reprend ici ses créatures, Sudamerica, et l’extraordinaire Bartali. Les arrangements sont osés, généralement maîtrisés du point de vue technique (le son de ces disques italiens des années 70 n’a rien à envier aux nôtres, et peu aux références anglaises ; étonnant comme tout est parti en eau de boudin dans les années 80).