
Voilà le cas d’une artiste dont on connaît tous et toutes les meilleurs titres, et pratiquement, je crois qu’on peut le dire, dont chacun reconnaît l’énorme force et intégrité… mais dont on ne dispose pas de réel album pensé de A à Z. Et c’est grand dommage (mais enfin, nous en reparlerons, car…).
Cet album est un assemblage de titres qui avaient écartés par Phillips des précédents albums ; or, paradoxalement, pour éclectique qu’elle soit (rythm’n’blues, calypso, blues, et ninasimone) cette suite fonctionne très bien. Tous ces genres sont magnifiés par la présence vocale et le caractère très perceptible, tactile, de la pratiquante de la soul. Certains morceaux en appellent d’autres (Lilac wine évoque vaguement Mississippi Goddam, l’incomparable et parfaite Four women, Plain gold ring) et il apparaît sans far ici la pleine possession des moyens de la prêtresse.
Les curieux noteront deux titres de Van McCoy, l’auteur du disco Hustle…
Autre chef d’œuvre, le morceau éponyme, froid et profond — mais je mets ici Four woman dont la déesse est l’autrice.
