Marc Perrin † Cinq messages reçus par Général Instin dans la nuit du 21 au 23 septembre 2014

Message 1. Disons qu’on a comme un vieux contentieux d’autorité. Toi et moi. Disons que depuis 1831, au bas mot., on a toi et moi comme un vieux contentieux d’autorité. Contentieux : ça peut signifier un paquet de trucs, mais ici je voudrais juste pointer l’état de querelle, de blocage, l’état de blocage relationnel, qui en général résulte de l’existence d’un litige, un litige ou un conflit entre deux ou plusieurs parties en profond désaccord sur une même question. Les deux parties n’arrivent pas spontanément à résoudre le différend qui les oppose, et alors naît entre elles deux un état de tension manifeste. Chacun campe sur ses positions. Aucun n’entend céder à la partie adverse. Etc. Disons, par ailleurs disons par ailleurs que → j’utilise ici le mot autorité pour signifier simplement ce qui est relatif au fait d’être auteur. Comme tu sais, chaque chose vivante, chaque être vivant → est vivant dans un tissu de liens de causalités où chacun et chacune est en relation avec à un, une, ou plusieurs auteurs et toi et moi comme tous les brothers et toutes les sisters de la smala family → on fait tous partie de la causalité générale, et, à ce titre → on est tous et chacune et chacun auteure & auteur, seul, seule, seuls ou à plusieurs → et → c’est avec toi → oui → c’est avec toi en tant que toi et moi nous sommes brothers de la même smala family → c’est avec toi je crois que ce contentieux d’autorité atteint son intensité la plus vive. Alors, cette nuit, comme je peux pas dormir je t’écris. Je n’arrête pas de réévaluer l’ensemble de mes relations avec les brothers et les sisters de toute la smala family à l’aune de cette seule question d’autorité et je me mets à tout traduire en terme de chef. Il me faut un chef, un chef et pas deux et quoi que je fasse, toujours j’arrive à deux chefs, et toujours c’est moi le deuxième. Oui, c’est toi le premier. Voilà. Il y a un chef de trop. Comment veux-tu que je dorme avec un truc comme ça dans la tête.

Message 2. Voilà oui c’est un combat . Un combat que de toi à moi je suis peut-être en fait le seul à vivre. Un combat entre toi et moi pour arriver à dominer la smala family que nous avons formé, au fur et à mesure des années. Et. Combien sommes-nous à la former, aujourd’hui ? Combien sommes-nous à l’avoir voulu ? Quoi ? Il n’y aurait jamais rien eu d’un vouloir ? Jamais rien eu d’un vouloir de quiconque pour former la family ? Jamais rien eu d’un vouloir la dominer ? Non plus ? Aucun d’entre nous n’aurait jamais rien voulu ? Ni toi ni moi ni aucun d’entre nous ?

Message 3. Aucun d’entre nous jamais n’a cédé sur ce que nous projetions de ce qu’il devait ou pouvait en être. Aucun d’entre nous jamais n’a cédé sur ce que nous sentions qu’il pouvait en être au fur et à mesure de ce que chacune et chacun nous devenions et devenons. C’est tout.

Message 4. Parce que oui tu le connais j’en suis sûr le putain petit chef. Et le putain, et le petit chef. Tu les connais tous les deux n’est-ce pas. Tu les connais et tu sais que le combat toujours a lieu entre eux deux, putain, petit chef, et tu sais que c’est un combat sans victoire possible. D’un côté le putain ne veut pas d’un petit chef pour son combat mais d’un client. Quant au petit chef à part la mort généralisée rien ne l’intéresse. C’est un combat qui n’a jamais lieu.

Message 5. Non jamais aucun d’entre nous n’a voulu ni d’un putain ni d’un petit chef et pourtant nous les avons bien senti vivre en nous et nous les avons bien nourris. Et. Mais. Surtout. Nous avons su prendre chacune et chacun par la main de la family et cela sans jamais prendre la main sur la family. Hé. Chaque brother, chaque sister, a pris chacun et chacune un jour par la main sans comptabilité aucune, chacun, chacune, a maintenu d’une certaine manière la vigilance envers les petits chefs et les putains. Nous les avons nourris. Nous avons eu besoin de les nourrir pour les combattre, les aimer, les faire vivre. Ils sont encore vivants. Comme la family existe, ils existent. Comme la family a toujours existé ils sont vivants et la family prend bien soin d’eux. Elle prend bien soin de leurs petites mains. Et chacun et chacune a bien pris soin de prendre la main de chacune et chacun y compris des petits chefs et des putains que nous ne voulions pas être, que nous sommes, voilà. On a pas arrêté de se prendre par la main, chacune et chacun selon notre manière, nos manières. On a pas arrêté de s’aider à vivre en fait. Oui. Et cela : en faisant bien gaffe à toutes nos petites mains, quels que furent les contentieux et de quelque manière que nous soyons parvenus ou pas à les énoncer. On les énonce, comme on peut. On s’aide à vivre. Comme on peut. C’est explicite, tacite. C’est selon. On grandit. On a grandi ensemble. Quels que furent les contentieux et de quelque manière que nous soyons parvenus ou pas à les vivre ensemble. On vit ensemble. On fait ça comme on peut.

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