{"id":773,"date":"2011-11-10T13:48:51","date_gmt":"2011-11-10T12:48:51","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=773"},"modified":"2012-03-20T11:28:48","modified_gmt":"2012-03-20T10:28:48","slug":"lemission-du-general-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/lemission-du-general-01\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9mission du g\u00e9n\u00e9ral : Lucie Ta\u00efeb &#038; Beno\u00eet Vincent"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/eg1.jpg\" rel=\"lightbox[773]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/eg1.jpg\" alt=\"\" title=\"eg1\" width=\"600\" height=\"279\" class=\"aligncenter size-full wp-image-790\" \/><\/a><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3>Mission 564gi3Rff6F7 \u00ab\u00a0Musaraigne indomptable\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p><b><i>Est-Est-Est. Glaive indomptable.<br \/>\nGracier la musaraigne \u2014 d\u00e9lester la Gueuse. Orant.<br \/>\nGI<\/b><\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Frimas. Du jour au lendemain, la saison a tourn\u00e9. Mais trop t\u00f4t. Les hommes l&rsquo;ont ressenti. S&rsquo;en sont plaints. Mais que faire ? Je n&rsquo;ai pas le pouvoir d&rsquo;acc\u00e9der aux c\u0153urs. Je n&rsquo;ai pas le pouvoir d&rsquo;accrocher les cieux. Leurs souhaits sont vains. Il faudrait une requ\u00eate \u00e0 l&rsquo;ordre\/l&rsquo;autorit\u00e9, au G\u00e9n\u00e9ral Luimeme. Je ne suis que le messager, le modeste nocher de la nuit, du feu et du fer. Je ne suis que traducteur et toujours menac\u00e9 de tradicteur.<\/p>\n<p>Le dernier c\u00e2ble est toujours plus trouble que le pr\u00e9c\u00e9dent. J&rsquo;ai fait prendre toutes les dispositions pour abreuver les hommes, signe d&rsquo;un prochain massacre. Tout s&rsquo;explique, leurs bouches offertes au sang ; leurs veuves ; l&rsquo;espoir li\u00e9 dans la mission. Sauve la musaraigne = boire boire boire, \u00e0 s&rsquo;en faire p\u00e9ter la peur, \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9coudre le c\u0153ur et avancer, sous la merde qui tombe, sur la merde qu&rsquo;on pi\u00e9tine, \u00e0 travers la merde en flottement, la pur\u00e9e de pois, les corps d\u00e9chiquet\u00e9s, les bois bris\u00e9s, les b\u00eates agonisantes et la pluie et les balles.<\/p>\n<p>Boire boire boire parce que comme \u00e7a ce n&rsquo;est plus un visage ou une main, mais tous les cauchemars prennent corps dans le combat. Boire boire boire.<\/p>\n<p>Je connais le <em>Livre des Codes<\/em>, le revers secret des pages dissimul\u00e9 dans nos <em>Code canonique<\/em>, <em>Code de la Guerre<\/em>, <em>Code de la guerre civile<\/em>, <em>Code de la guerre de s\u00e9cession<\/em>, <em>Code des armes<\/em>,\u00a0<em>Code de la l&rsquo;occupation<\/em> et\u00a0<em>Code du terrorisme<\/em>, et toutes leurs annexes comme le <em>Guide de la guerre bact\u00e9riologique<\/em>, <em>Le recueil des tortures<\/em>, ou celui <em>De la propagande<\/em>.<\/p>\n<p>Je prends la musaraigne entre mes doigts, son symbole \u00e9clair, son pelage qu&rsquo;on mangerait, et \u00e0 son \u00e9vocation, et aux mouvements qu&rsquo;elle impulse : orientation, et man\u0153uvres et strat\u00e9gie. Je ne per\u00e7ois pourtant pas tr\u00e8s bien encore pourtant le lien avec les autres instructions. Se peut-il que j&rsquo;aie mal cern\u00e9 les mots ? Se pourrait-il que la cha\u00eene se rompe ? Se pourrait-il que le messager se soit tromp\u00e9 de destinataire ? Et si c&rsquo;\u00e9tait un pi\u00e8ge tendu par leurs araign\u00e9es ?<\/p>\n<p>Boire boire boire. Diluer l&rsquo;angoisse dans la bouteille, diluer aussi le nom, et la parole. Ne plus avoir que des b\u00eates, rompues au, assoiff\u00e9es de, revanchardes. <\/p>\n<p>L&rsquo;assaut \u00e0 ce prix l&rsquo;assaut \u00e0 ce prix l&rsquo;assaut \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p>Que le mal devienne vengeance boire boire boire. Et la l\u00e2chet\u00e9 r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Verso d&#8217;emballage de caramel. Une astuce. Un jeu de mots, une blague. Sphinge d\u00e9rat\u00e9e, r\u00e9duite \u00e0 fils de cuivre et potards fragiles et porcelaines, comme les des dents polies et brillantes dans la boue, pose ta question, venue des limbes, des sous-sols de l&rsquo;histoire et dis-nous tout, dis-nous ce qu&rsquo;on doit faire, et nous ferons, nous ex\u00e9cuterons tes ordres, pas de messager moins z\u00e9l\u00e9, pas de mercure moins performatif, ordonne et j&rsquo;ob\u00e9is.<\/p>\n<p>Sphinge de farce et attrapes, tirage au sort \u00e0 la Foire du Tr\u00f4ne. Mauvaise pioche. Combats. Front.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre choix que de r\u00e9pondre. R\u00e9pondre est ma mission.\u00a0R\u00e9pondre est op\u00e9rer le calcul, accomplir le jeu.\u00a0Je suis aux ordres.\u00a0<\/p>\n<p>&#038; R\u00e9ponse est mon nom. M\u00eame si je ne saisis pas tout, je suis tradicteur, aussi, traducteur, j&rsquo;en saisis assez, le message est plus condens\u00e9 au centre, les marges sont n\u00e9gligeables, pense \u00e0 la frappe d&rsquo;un obus, on ne vise jamais \u00e0 cot\u00e9 de sa cible, on ne pisse pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du trou. Les dommages collat\u00e9raux sont n\u00e9cessaires. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat de guerre. C&rsquo;est la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale. Je ne suis pas ici pour plaisanter.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse est mon nom. Qu&rsquo;on leur serve du vin blanc.\u00a0<\/p>\n<h3>Mission sp76jugi999 \u00ab\u00a0Ros\u00e9e profonde\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p><b><i>Rentrer. Promouvoir la ros\u00e9e en instance, coopter la luciole, d\u00e9piauter du km.<br \/>\nGI<\/b><\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>1er d\u00e9cryptage : le ventre<br \/>\n<\/strong>La nuit est longue et le r\u00e9giment affam\u00e9. GI pris de nouveau dans une guerre dont on ne conna\u00eet pas le nom. Les hommes ont faim. GI bl\u00eamit de les voir ch\u00e9tifs. La culpabilit\u00e9 est un ver solitaire, y mettre un terme serait ais\u00e9 mais les ordres attendus ne viennent pas.<br \/>\nNon loin, ils le savent tous, il y a l\u2019Auberge Bleue, l\u2019aubergiste aux yeux rieurs, la natte repli\u00e9e sur son front, les yeux si clairs qu\u2019on pourrait croire qu\u2019ils luiront dans la nuit.<br \/>\nNon loin \u2013 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une ligne de front, \u00e0 moins d\u2019un kilom\u00e8tre, des vivres pour des jours. Gi dans la nuit re\u00e7oit du si\u00e8ge central un message en langue \u00e9trang\u00e8re, le traducteur d\u00e9lire tant il est affam\u00e9. L\u2019enjeu : s\u2019\u00e9riger en ma\u00eetre de l\u2019aube. Je r\u00e9p\u00e8te : s\u2019\u00e9riger en ma\u00eetre de l\u2019eau. Variante : s\u2019\u00e9riger en ma\u00eetre du lot. On sait de source fra\u00eeche que l\u2019auberge bleue re\u00e7ut en ces jours d\u00e9cisifs approvisionnement de victuailles, charcuteries, lait frais. La femme aux yeux tr\u00e8s clairs acceptera d\u2019en livrer bonne part. Un homme, \u00e0 l\u2019aube, s\u2019il est assez vif, saura p\u00e9n\u00e9trer en camp adverse, et on ne remarquera pas plus sa pr\u00e9sence parmi les autres hommes que celle d\u2019une goutte de ros\u00e9e sur une herbe s\u00e8che, l\u2019instant d\u2019avant. A l\u2019aube encore, ses yeux si clairs seront surcro\u00eet de lumi\u00e8re, d\u2019une main experte elle puise dans le stock et remplit le sac de l\u2019\u00e9missaire de chapelet de saucisses. Pour des raisons qui lui appartiennent, trahir n\u2019est pas trahir<\/p>\n<p><strong>2\u00e8me interpr\u00e9tation : le c\u0153ur<br \/>\n<\/strong>Ma petite clart\u00e9, mon ange, ma destin\u00e9e. Les eaux montent. Je souffre de n\u2019avoir pour toi que ces mots de deuxi\u00e8me main, quand tu attendrais peut-\u00eatre l\u2019une de ces longues lettres que les voies officielles ne me permettent de destiner qu\u2019\u00e0 mon \u00e9pouse, mais je sais qu\u2019au moins ces pauvres messages  te parviennent, et que tu sauras r\u00e9\u00e9crire, dans tes longues nuits solitaires \u00e0 la flamme d\u2019une bougie secr\u00e8te, le message originel que je n\u2019ai pu former de ma main. Je sais, que mon c\u0153ur parle au tien. Je ne rentrerai pas avant longtemps, ici la faim fait rage et les hommes n\u2019en peuvent plus de marcher. Ma bien-aim\u00e9e, ma lumi\u00e8re. Lorsque nous nous verrons, c\u2019est toi que je d\u00e9vorerai.<br \/>\nN\u2019oublie pas, je t\u2019en prie, de transmettre apr\u00e8s l\u2019avoir lu ce message \u00e0 Qui De Droit. Toi qui as bien voulu m\u2019initier, aux myst\u00e8res verticaux. T\u2019\u00e9crire est d\u00e9j\u00e0 Lui \u00e9crire.<\/p>\n<p><strong>3\u00e8me lecture : l\u2019\u0153il<br \/>\n<\/strong>Cette lumi\u00e8re qui m\u2019aveugle est ta pr\u00e9sence et ton absence est ta pr\u00e9sence et ton absence et ta pr\u00e9sence est ton absence et ta pr\u00e9sence. Au loin ventre de la distance incompt\u00e9e en rose dont le c\u0153ur est distinct de son centre lumi\u00e8re \u00f4 petite clart\u00e9 p\u00e9n\u00e9trer en ton nom j\u2019entends la rose et la rosie et tu \u00e9cartes mon c\u0153ur et entre mes deux yeux j\u2019y per\u00e7ois un parfum au seuil-seuil qui me tue te conqu\u00e9rir enfin rentrer en ta pr\u00e9sence et clore-pororter le souffle asphyxie pleine priczme tranchant tu \u00e9p\u00e9tales ma roseur mon sang-s\u00e8ve mad\u00e9 chihure de l\u2019\u0153ilpeau quatre et clore essaimer r\u00f4tisme de lalu-noy\u00e9e cination ra sept et douze au multiple coproi. tiocipiette bouffe-bouffe au dig\u00e9n\u00e9rer \u2013 r\u00e2le. stanza-stanza-stanza-<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mission 564gi3Rff6F7 \u00ab\u00a0Musaraigne indomptable\u00a0\u00bb Est-Est-Est. Glaive indomptable. Gracier la musaraigne \u2014 d\u00e9lester la Gueuse. Orant. GI Frimas. Du jour au lendemain, la saison a tourn\u00e9. 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