{"id":6004,"date":"2025-12-08T00:00:03","date_gmt":"2025-12-07T23:00:03","guid":{"rendered":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=6004"},"modified":"2026-02-01T13:56:41","modified_gmt":"2026-02-01T12:56:41","slug":"portishead-bjork-portishead-homogenic-1997","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/portishead-bjork-portishead-homogenic-1997\/","title":{"rendered":"12. Portishead, <i>Portishead<\/i>, 1997 | 68. Bj\u00f6rk, <i>Homogenic<\/i>, 1997<br >BV"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Il faut bien que la p\u00e9riode des f\u00eates serve \u00e0 quelque chose, aussi nous nous sommes dit, \u00e0 la r\u00e9daction (de cette chronique), qu&rsquo;on pourrait pour une fois faire faux-bon au hasard, et choisir, pour les cinq derni\u00e8res semaines de l&rsquo;ann\u00e9e, celles du mois de de d\u00e9cembre, cinq disques parmi nos pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, qu&rsquo;ils aient ou non 5 sur 5, cl\u00f4turant ainsi la troisi\u00e8me ann\u00e9e de cette chronique. Comme pour le 100e num\u00e9ro, o\u00f9 nous avions choisir <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/pink-floyd-the-dark-side-of-the-moon-1973\/\"><em>Dark side<\/em><\/a>, et comme nous venons de voir le 150e, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/beastie-boys-check-your-head-1992\/\" target=\"_blank\"><em>Check your head<\/em><\/a>, et puisque en effet seuls deux disques de cette suite royale sont tomb\u00e9s du cornet \u00e0 d\u00e9s (\u00e0 1000 faces), <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/david-bowie-low-1979\/\" target=\"_blank\"><em>Low<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/thelonious-monk-brilliant-corners-1957\/\" target=\"_blank\"><em>Brilliant corners<\/em><\/a> ; nous pouvons alors nous concentrer sur ces cinq p\u00e9pites &#8212; \u00e0 notre avis non objectif mais sinc\u00e8re.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&rsquo;h\u00e9sitais entre ces deux perles (d&rsquo;ailleurs de la m\u00eame ann\u00e9e, et du m\u00eame mois ! sortis \u00e0 une semaine d&rsquo;\u00e9cart), que sont <em>Portishead<\/em> et <em>Homogenic<\/em>. J&rsquo;ai constat\u00e9 que j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 de Portishead, pour leur premier album (<a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/portishead-dummy-1994\/\"><em>Dummy<\/em><\/a>), mais plut\u00f4t que de les \u00e9vincer, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de de faire une chronique double car en effet je vois difficilement comment ne pas parler de l&rsquo;une sans parler de l&rsquo;autre&#8230; \u00ab\u00a0C&rsquo;est No\u00ebl avant No\u00ebl ! C&rsquo;est le vendredi noir !\u00a0\u00bb Sticazzi.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i.discogs.com\/RRWB8wK6UGBNcOEIY-jAoW2MCAtItp3DNvA635FPFJQ\/rs:fit\/g:sm\/q:90\/h:600\/w:600\/czM6Ly9kaXNjb2dz\/LWRhdGFiYXNlLWlt\/YWdlcy9SLTc0MjYz\/LTE0OTcyMTQ5MTgt\/OTM1Mi5qcGVn.jpeg\" width=500 \/><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i.discogs.com\/snrzCozgNmFzfClhAP7kfL_5ZiRqhK3V-NMeYib0qeU\/rs:fit\/g:sm\/q:90\/h:595\/w:600\/czM6Ly9kaXNjb2dz\/LWRhdGFiYXNlLWlt\/YWdlcy9SLTMyOTkt\/MTI0OTUwMjcyOC5q\/cGVn.jpeg\" width=500 \/><\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Ces deux albums repr\u00e9sentent pour moi \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame bousculade (ou accolade). Arriv\u00e9s \u00e0 un moment charni\u00e8re de ma vie, o\u00f9 je commen\u00e7ais \u00e0 abandonner l&rsquo;id\u00e9e b\u00eate et m\u00e9chante (adolescente en somme) que les machines nuisaient \u00e0 la musique (via notamment IAM, toujours la m\u00eame ann\u00e9e). Mais c&rsquo;est aussi un moment o\u00f9 je commence \u00e0 conduire &#8212; je le dis incidemment. Avec l&rsquo;ami S (celui de <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/the-rolling-stones-beggars-banquet-1968\/\"><em>Beggar&rsquo;s banquet<\/em><\/a>), nous sommes partis quelques jours en Bretagne via la Charente, et ce fut notre tout premier voyage, seuls, et v\u00e9hicul\u00e9s. La musique trouve dans ces espaces seuls et v\u00e9hicul\u00e9s un environnement favorable.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e2me, dont les boyaux sont fluides et \u00e9lastiques, profite alors de cet habitacle pour ensemencer les pr\u00e9s du destin.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais achet\u00e9 le Bj\u00f6rk par curiosit\u00e9&#8230; en grande surface ; je trouvais la pochette aussi moche (surtout le brillant) qu&rsquo;intrigante. Quant \u00e0 PH, il faisaient d\u00e9j\u00e0 partie de mon monde gr\u00e2ce \u00e0 leur pr\u00e9c\u00e9dent &#8212; Bj\u00f6rk pas encore ; j&rsquo;avais bien not\u00e9 l&rsquo;engouement des revues et des auditeurs avec D\u00e9but et Post, mais je n&rsquo;ai pas appr\u00e9ci\u00e9 ces albums avant un moment.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr les deux univers sont diff\u00e9rents, voire ind\u00e9pendants. Techniquement, esth\u00e9tiquement, il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;accroche entre les deux ; la noire nostalgie de PH n&rsquo;est pas la verve joyeuse de Bj\u00f6rk. L&rsquo;implication, l&rsquo;implication de l&rsquo;une et des autres, l&rsquo;horizon, sont divergents. Bj\u00f6rk propose une machine de guerre vaguement drum&rsquo;n&rsquo;bass (Goldie ?) enrichi des cordes d&rsquo;Eumir Deodato au service de la communion &#8212; elle est fondamentalement holiste et, au moins jusque l\u00e0, relativement positive (c&rsquo;est vrai que c\u2019\u00e9tait le gouvernement Jospin). Avec une honn\u00eatet\u00e9 d\u00e9sarmante, elle passe en revue un certain nombre de ses blessures et traumas (dont le suicide de son harceleur qui a tent\u00e9 de la supprimer \u00e0 Londres), sans jamais entrer sur le terrain du path\u00e9tique, du th\u00e9rapeutique (<em>Bachelorette<\/em>) ; malgr\u00e9 son excentricit\u00e9 feinte (sa bonne humeur), elle parvient \u00e0 ne jamais tomber dans le kitsch, au contraire.<\/p>\n<p>Portishead \u00e0 l&rsquo;inverse, poursuit son sillon travaill\u00e9 dans les remugles psychopathologiques ; nettement plus misanthrope, m\u00eame noir ; l&rsquo;album n&rsquo;est pas tranquille (,i m\u00eame \u00e9nerv\u00e9), il est hant\u00e9. Technique tr\u00e8s particuli\u00e8re : Adrian Utley et Geoff Barrow ont pr\u00e9par\u00e9 leurs pistes en enregistrant en amont les parties instrumentales ; il n&rsquo;y a que deux samples dans tout l&rsquo;album (les cuivres de <em>All mine<\/em> sont de vrais cuivres, par exemple). Ces strates forment une esp\u00e8ce de chambre d&rsquo;\u00e9cho, close, inqui\u00e9tante, o\u00f9 vont ensuite s&rsquo;\u00e9chiner les machines et la voix affol\u00e9e, le texte de Beth Gibbons. Celle-ci cis\u00e8le des sortes de petits po\u00e8mes, un peu gothiques, un peu formalistes, d&rsquo;une sobri\u00e9t\u00e9 haletante, qui font les comptes d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, des relations, d&rsquo;un destin commun entrav\u00e9 (c&rsquo;est vrai que c\u2019\u00e9tait le gouvernement Jospin). L\u00e0 encore, la sinc\u00e9rit\u00e9 est enti\u00e8re, poignante, et la posture retenue, jamais vulgaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<em>En Montagne noire<br \/>\nles virages de pluie<br \/>\net brouillard<br \/>\nont laiss\u00e9 une petite chambre<br \/>\nsous les toits<br \/>\nvide et encore chaude<br \/>\nde la forme<br \/>\ndu couchant<\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Ce sont deux albums en miroirs, qui sont pratiquement parfaits d&rsquo;un point de vue sonore (\u00e9videmment la production est impeccable dans les deux cas, et les interpr\u00e9tations). <\/p>\n<p>Les deux morceaux <em>Seven months<\/em> et <em>Five years<\/em> :<\/p>\n<table border=0>\n<tr>\n<td>For as long as I have tried<br \/>\nAnd as low as I can be<br \/>\nI will never resign myself<br \/>\nFrom the trial I seek<\/td>\n<td>What&rsquo;s so scary?<br \/>\nNot a threat in sight<br \/>\nYou just can&rsquo;t handle<br \/>\nYou can&rsquo;t handle love\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>Ce sont deux pierres miliaires qui ont marqu\u00e9 leur \u00e9poque, mais sans lesquelles, probablement, notre monde ne serait pas l\u00e0 aujourd&rsquo;hui (c&rsquo;est vrai que c\u2019\u00e9tait le gouvernement Jospin).<\/p>\n<p><b>NB<\/b> Les deux albums ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;une lecture dans <em>Pistes et sillages<\/em> : <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/homogene\/\" target=\"_blank\">Homog\u00e8ne<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/l-embouchure\/\" target=\"_blank\">L&#8217;embouchure<\/a>. C&rsquo;est dire.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ymEjfp_o-yQ?si=fCcQ0FYm1VMU4Eqb\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/loB0kmz_0MM?si=b1Tr5KbamlfnVsHR\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faut bien que la p\u00e9riode des f\u00eates serve \u00e0 quelque chose, aussi nous nous sommes dit, \u00e0 la r\u00e9daction (de cette chronique), qu&rsquo;on pourrait pour une fois faire faux-bon au hasard, et choisir, pour les cinq derni\u00e8res semaines de l&rsquo;ann\u00e9e, celles du mois de de d\u00e9cembre, cinq disques parmi nos pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, qu&rsquo;ils aient ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[131,604],"tags":[859,861,641,860,858,857],"class_list":["post-6004","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chroniques","category-disque-sur-disque","tag-adrian-utley","tag-beth-gibbons","tag-bjork","tag-geoff-barrow","tag-goldie","tag-portishead"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6004"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6004\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6059,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6004\/revisions\/6059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6004"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}