{"id":6002,"date":"2025-12-15T00:00:49","date_gmt":"2025-12-14T23:00:49","guid":{"rendered":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=6002"},"modified":"2026-02-14T08:17:54","modified_gmt":"2026-02-14T07:17:54","slug":"wynton-marsalis-in-this-house-on-this-morning-1993","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wynton-marsalis-in-this-house-on-this-morning-1993\/","title":{"rendered":"25. Wynton Marsalis, <i>In this house, on this morning<\/i>, 1993 | BV"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Il faut bien que la p\u00e9riode des f\u00eates serve \u00e0 quelque chose, aussi nous nous sommes dit, \u00e0 la r\u00e9daction (de cette chronique), qu&rsquo;on pourrait pour une fois faire faux-bon au hasard, et choisir, pour les cinq derni\u00e8res semaines de l&rsquo;ann\u00e9e, celles du mois de de d\u00e9cembre, cinq disques parmi nos pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, qu&rsquo;ils aient ou non 5 sur 5, cl\u00f4turant ainsi la troisi\u00e8me ann\u00e9e de cette chronique. Comme pour le 100e num\u00e9ro, o\u00f9 nous avions choisir <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/pink-floyd-the-dark-side-of-the-moon-1973\/\"><em>Dark side<\/em><\/a>, et comme nous venons de voir le 150e, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/beastie-boys-check-your-head-1992\/\" target=\"_blank\"><em>Check your head<\/em><\/a>, et puisque en effet seuls deux disques de cette suite royale sont tomb\u00e9s du cornet \u00e0 d\u00e9s (\u00e0 1000 faces), <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/david-bowie-low-1979\/\" target=\"_blank\"><em>Low<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/thelonious-monk-brilliant-corners-1957\/\" target=\"_blank\"><em>Brilliant corners<\/em><\/a> ; nous pouvons alors nous concentrer sur ces cinq p\u00e9pites &#8212; \u00e0 notre avis non objectif mais sinc\u00e8re.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i.discogs.com\/oWK5g9imLSxRnFfczoIO8MmnoWUYyxgFOHX0YM7mtOk\/rs:fit\/g:sm\/q:90\/h:600\/w:600\/czM6Ly9kaXNjb2dz\/LWRhdGFiYXNlLWlt\/YWdlcy9SLTE2NDY0\/NzYtMTQ4MDE4MzM3\/Ni01Mzg5LmpwZWc.jpeg\" width=500 \/><\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;un de mes disques de chevet ; je l&rsquo;ai trait\u00e9 dans <a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/dans-cette-maison-sur-ce-matin\/\" target=\"_blank\"><em>Pistes et sillages<\/em><\/a>, et je ne me lasse pas de l&rsquo;\u00e9couter, d\u00e9couvrant toujours de nouvelles choses.<\/p>\n<p>Paru apr\u00e8s <em>City movement<\/em>, un autre double-album th\u00e9matique, <em>In this house on this morning<\/em>, double donc, retrace le service complet d&rsquo;une messe baptiste ou quelque chose dans le genre. Je suis peu vers\u00e9 dans la religion am\u00e9ricaine, surtout gospel, et je crains que ne m&rsquo;\u00e9chappent de nombreuses nuances. Il y a trois mouvement (activit\u00e9s) et cette s\u00e9quence forme une esp\u00e8ce de menu fil narratif entre les pistes.<\/p>\n<p>Il ne m&rsquo;\u00e9chappe pas toutefois que les compositions sont absolument g\u00e9niales, assez hagardement roboratives et fichtrement difficiles \u00e0 d\u00e9coller de son oreille mentale.<\/p>\n<p>Un certain nombre de th\u00e8mes r\u00e9currents sont pr\u00e9par\u00e9s longuement durant plusieurs morceaux (<em>The lord&rsquo;ss prayer<\/em>, les deux <em>Altar call<\/em>, <em>Hymn<\/em>, <em>Benediction<\/em>), et pr\u00e9parent ce qui est le clou du disque, la longue suite de pr\u00e8s de trente minutes <em>In the sweet embrace of life<\/em> qui est l&rsquo;un des tout meilleurs morceaux de la cr\u00e9ation intergalactique.<\/p>\n<p><em>Call to prayer<\/em> et sa trompette distordue donnent la clef ; il y a des morceaux qui, partis d&rsquo;une base blues donnent ce qu&rsquo;il y a de mieux de recherche contemporaine, et d&rsquo;autres avec d&rsquo;\u00e9videntes allusions \u00e0 la tradition (<em>Local announcement<\/em>, <em>In this house<\/em>, chant\u00e9e par Marion Williams, <em>Uptempo posthude<\/em>).<\/p>\n<p>Et puis il y a <em>In the sweet embrace of life<\/em>, qui est donc une petit chef d&rsquo;\u0153uvre en trois parties (la trinit\u00e9) ; <\/p>\n<p><em>Embrace<\/em> commence par une longue exposition chant\/contrebasse de Reginald Veal, \u00e0 qui va venir peu \u00e0 peu se m\u00ealer le piano d&rsquo;Eric Reed (invit\u00e9 pour l&rsquo;occasion), pour lancer une machine ce qu&rsquo;il y a de plus swing. Les solos s&rsquo;encha\u00eenent et la voix revient, comme un dernier b\u00e9n\u00e9diction du p\u00e8re (<em>Father<\/em>). <em>Son<\/em> est un autre boogie mal\u00e9fique, si j&rsquo;ose dire, qui file \u00e0 cent \u00e0 l&rsquo;heure (il est lui aussi un \u00e9cho \u00e0 la tradition), tandis que <em>Holy ghost<\/em> poursuit ce rythme effr\u00e9n\u00e9 dans le swing ; mais cela ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0, le th\u00e8me est encore pr\u00e9sent dans <em>Invitation<\/em> qui se termine sur une esp\u00e8ce de solo de tambourin (Nerlin Riley) second\u00e9 par le piano et qui encha\u00eene sur le point culminant de l&rsquo;album, v\u00e9ritablement touch\u00e9 par la gr\u00e2ce, le riff implacable de <em>Recessional<\/em> ; pur bonheur de blues, il exalte un long solo de piano encore, puis un travail plus ou moins improvis\u00e9 des cuivres (citons-les, \u00e0 part la trompette de Marsalis, il y a Wess \u201cWarmdaddy\u201d Anderson aux saxophones alto et sopranino, Todd Williams au soprano et au t\u00e9nor et Wycliffe Gordon au trombone), qui s&rsquo;\u00e9parpillent et sont toujours ramen\u00e9s par le piano, comme un berger derri\u00e8re son troupeau ; c\u2019est l&rsquo;occasion d&rsquo;un nouveau riff associant le tambourin, puis les claps de mains et ch\u0153urs gutturaux, totalement hant\u00e9 et ent\u00eatant.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s <em>Recessional<\/em>, on tra\u00eene encore un peu (comme \u00e0 la messe, apr\u00e8s la communion il faut patienter pas mal)&#8230; mais on est rest\u00e9 abasourdi par la quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9videntes inventions que s&rsquo;est autoris\u00e9 Marsalis, pr\u00e9cis et s\u00e9rieux, mais qui se laisse ici aller \u00e0 une impressionnante inspiration.<\/p>\n<p>Il existe des captatins en live o\u00f9 l&rsquo;on voit qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas grand chose de laiss\u00e9 au hasard, de ce chef d&rsquo;\u0153uvre h\u00e9las trop m\u00e9connu.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OEAdXeCAnGY?si=sXcQjjQiWEiSUdmD\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faut bien que la p\u00e9riode des f\u00eates serve \u00e0 quelque chose, aussi nous nous sommes dit, \u00e0 la r\u00e9daction (de cette chronique), qu&rsquo;on pourrait pour une fois faire faux-bon au hasard, et choisir, pour les cinq derni\u00e8res semaines de l&rsquo;ann\u00e9e, celles du mois de de d\u00e9cembre, cinq disques parmi nos pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, qu&rsquo;ils aient ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[131,604],"tags":[869,870,868],"class_list":["post-6002","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chroniques","category-disque-sur-disque","tag-eric-reed","tag-marion-williams","tag-wynton-marsalis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6002","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6002"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6002\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6074,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6002\/revisions\/6074"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6002"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6002"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6002"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}