{"id":4213,"date":"2022-05-11T14:27:54","date_gmt":"2022-05-11T13:27:54","guid":{"rendered":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=4213"},"modified":"2022-05-13T17:54:08","modified_gmt":"2022-05-13T16:54:08","slug":"quelle-ombre-sort-de-la-nuit-daniel-dobbels-carole-quettier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/quelle-ombre-sort-de-la-nuit-daniel-dobbels-carole-quettier\/","title":{"rendered":"\u2018\u2018 Quelle ombre sort de la nuit ? \u2019\u2019 | Daniel Dobbels &#038; Carole Quettier"},"content":{"rendered":"<h3>Quelle ombre sort de la nuit ?<br \/>\nDaniel Dobbels | Carole Quettier<br \/>\nPerformance effectu\u00e9e au Cyclone le studio les samedi 28 et dimanche 29 mai 2022<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4214 alignleft\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Quelle_Ombre-sort-de-la-nuit_mai_2022_1.jpg\" alt=\"\" width=\"434\" height=\"616\" \/><\/p>\n<p>\u00ab Je ne danse pas pour que l\u2019on m\u2019attende \u00bb, dit, dans ses \u00ab Cahiers \u00bb, Nijinski. Mais des danses peuvent attendre, patienter, vivre de souffles presque \u00e9teints et, sans s\u2019y attendre, se voir ouvrir un espace, se conjuguer un temps propre \u00e0 les accueillir, une porte se d\u00e9verrouiller qui les enjoint \u00e0 respirer en prenant corps \u2013 un corps, toujours, vient vers elles et en incarne l\u2019\u00e2me, passant de la liasse \u00e0 la liesse &#8211; et \u00e0 \u00ab rappeler \u00bb au jour leurs \u00e9critures pass\u00e9es. Peut-\u00eatre ne danse-t-on (rives et \u00e9tranges bordures des danses) que lorsque les \u00eatres semblent au plus loin, sont d\u00e9j\u00e0 au plus loin, tr\u00e8s loin devant, en avant ou retir\u00e9s dans leurs plus secrets abris ? Peut-\u00eatre est-ce l\u2019un des secrets et la pudeur la plus r\u00e9fl\u00e9chie de la danse : se \u00ab produire \u00bb hors de toute attente, conjurant ainsi ce qui demeurerait \u00ab d\u00e9ceptif \u00bb, d\u00e9cevant, indiff\u00e9rent dans le c\u0153ur de toute attente ? Avertie qu\u2019elle serait, \u00e9tant n\u00e9e sans origines et comme telle orpheline, qu\u2019un rapport trop greff\u00e9 (not\u00e9 par un greffier anonyme) aux lois d\u2019un temps administr\u00e9 se r\u00e9v\u00e9lerait n\u2019\u00eatre qu\u2019un \u00e9chafaud d\u2019\u00e2ges, n\u00e9cessairement meurtris.<br \/>\nD\u00e9tente mais non d\u00e9tention ! le \u00ab moindre geste \u00bb &#8211; pour reprendre ici une expression sans prix de Deligny \u2013 y trouve sa chance, son \u00e9lan, son infime et m\u00eame infirme libert\u00e9 : l\u2019une s\u2019\u00e9tend, l\u2019autre s\u2019appuie sur un point non contr\u00f4l\u00e9 et s\u2019accorde des sorties, de nuit comme de jour.<br \/>\nL\u2019 \u0153uvre de Sch\u00f6nberg en a descell\u00e9 les gonds et desserr\u00e9 les compressions (du moins a-t-elle tout tent\u00e9 en ce sens). Sortir est aussi p\u00e9rilleux que d\u2019entrer dans un ordre. Une vie s\u2019y joue qui ne sait pas et cherche une vision qui n\u2019aveuglerait pas ses \u00ab sens \u00bb.<br \/>\nOlivier Revault d\u2019 Allonnes, dans son livre, \u00ab Aimer Schoenberg \u00bb d\u00e9crit et ana- lyse de fa\u00e7on bouleversante le mouvement inou\u00ef qui conduit et hante <em>Les six petites pi\u00e8ces pour piano, opus 19<\/em> de Sch\u00f6nberg : \u00ab (&#8230;) Lorsqu\u2019il \u00e9crit cette pi\u00e8ce \u2013 on ne peut pas dire qu\u2019il la compose : il la pose, tout au plus \u2013 Sch\u00f6nberg revient des obs\u00e8ques de Gustav Mahler ; il veut faire entendre, entre \u00ab piano \u00bb et un quadruple pianissimo final, et \u00ab tr\u00e8s lentement \u00bb, quelque chose qui pourrait passer comme un ultime hommage \u00e0 Mahler, un minuscule \u00ab collage \u00bb, un infime \u00ab pot-pourri \u00bb qui, comme la vie m\u00eame du ma\u00eetre disparu, se ter- mine \u00ab ein Hauch \u00bb, comme une haleine, comme une bu\u00e9e, comme un souffle sur un la b\u00e9mol \u00e0 peine audible \u00bb (Bourgois, p.60).<br \/>\nCe \u00ab pot-pourri \u00bb (l\u2019expression vient peut-\u00eatre d\u2019Adorno) est \u00e0 entendre comme un ineffable sans fin. Un ensorcellement vague en remue les fonds et les em- p\u00eache de tourner \u00e0 l\u2019aigre.<br \/>\nSe donne l\u00e0, on pourrait l\u2019imaginer et tenter de s\u2019y fier, la tonalit\u00e9 de ces deux journ\u00e9es que nous a offertes Patrick Sandrin, dans le cadre si singulier du \u00ab Cyclone \u00bb : une haleine, un souffle vol\u00e9 au pire, des \u0153uvres et des noms n\u2019ayant c\u00e9d\u00e9 sur rien, hant\u00e9s seulement par le fait que le dernier des souffles soit repouss\u00e9&#8230; que \u00ab l\u2019accord parfait \u00bb se voit d\u00e9plac\u00e9 et, pour des raisons vitales, refus\u00e9 ou diff\u00e9r\u00e9&#8230; Sch\u00f6nberg, Kagel, Coltrane, Dylan&#8230; proc\u00e8de-t- on \u00e0 un \u00ab collage \u00bb en associant ces auteurs en une sorte de programmation subjective ? Entre l\u2019exhalaison et l\u2019exaltation des noces se nouent, inattendues, impr\u00e9vues mais ayant le pouvoir d\u2019accorder des \u00e9chos et des r\u00e9sonances l\u00e0 o\u00f9 les champs semblent d\u00e9sert\u00e9s. Dans <em>It\u2019s all right, Ma<\/em>, Dylan chante en fin de refrain : \u00ab So don\u2019t fear if you hear a foreign sound to your ear, it\u2019all right ma, I\u2019m only sighing&#8230;\u201d<br \/>\n\u201cTo sigh\u201d est en anglais plus modul\u00e9 et fluide que soupirer en fran\u00e7ais&#8230; mais ce qui s\u2019y sugg\u00e8re de vertige et d\u2019extr\u00eame, entre langues et langages, appelle en silence des Ponts&#8230; dont la parole et la danse ont aussi l\u2019obsession.<br \/>\nParis, le 28 mai 2022<\/p>\n<p>Le 28 mai 2016 : \u00ab Il y a cinq ans, jour pour jour, nous avions pens\u00e9 cette offre avec les mots qui suivent. Ils sont sans oubli et signent une fid\u00e9lit\u00e9 qu\u2019aucune circonstance ne pourrait effacer. \u00bb :<br \/>\n\u00ab (Texte de 2016)<\/p>\n<p>Daniel Dobbels<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4217\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/rosso_soupirail_01.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"\" \/><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>CHORE\u0301GRAPHIER\/E\u0301CRIRE ?<\/p>\n<p>Le lien se fait-il ? Se laisse-t-il lire ou voir ? Ou juste pressentir ?<br \/>\nOu bien ne doit-il ni e\u0302tre noue\u0301 ni de\u0301noue\u0301 ?<br \/>\nCette \u00ab carte blanche \u00bb offerte par Patrick Sandrin ne de\u0301plie peut-e\u0302tre qu\u2019une segmentaire plage de temps, d\u2019autres \u00ab coins \u00bb restant enfonce\u0301s dans l\u2019espace, ferme\u0301s comme des angles qui pourraient, une autre fois, s\u2019ouvrir et laisser transparai\u0302tre une lueur d\u2019existence passe\u0301e, battante comme l\u2019un de ces c\u0153urs qui se sont croise\u0301s sans se fondre dans le strict silence.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p>Certains pourront s\u2019y attarder, s\u2019ils le veulent, a\u0300 leur rythme et a\u0300 leur pas; d\u2019autres ne feront que la longer, e\u0301maillant leur parcours de quelques brefs regards veillant a\u0300 ce que la distance demeure et ne soit pas rompue : la ligne d\u2019attrait ou d\u2019attraction (qui n\u2019est pas d\u2019horizon) dessinant dans son tremblement un monde d\u2019apparitions qui semble obstine\u0301ment se tenir par ailleurs, plus loin ou plus profond, plus re\u0301el et plus intime. Attente que rien ne saurait de\u0301savouer et qui s\u2019impose intermittente et sans conteste. Un visi- teur (un invite\u0301) est plus libre de cours qu\u2019un spectateur. Et la carte, blanche, fait d\u2019abord signe d\u2019une invitation, n\u2019exigeant pas, par essence, de re\u0301pondre, encore moins de faire preuve. Le temps qui passe (ou passe\u0301) laisse encore une faible marge ou\u0300 chacun a le choix de se dire : \u00abJe veux bien y passer et y faire passer un peu de mon temps\u00bb.<\/p>\n<p>Quelques heures donc. Pour indiquer, rappeler ou sugge\u0301rer quelques voies emprunte\u0301es, certaines suivies, d\u2019autres suspendues ou abandonne\u0301es. Sont- elle aimante\u0301es par un me\u0302me souci (une seule obsession) ou ne sont-elles qu\u2019esquisse\u0301es, juste amorce\u0301es avant qu\u2019un spectre s\u2019en fasse l\u2019ho\u0302te et l\u2019occupant ? L\u2019e\u0301quation de Marcel Duchamp (peut-e\u0302tre he\u0301rite\u0301e de Joyce) ne cesse jamais de flotter e\u0301trangement, inscrite comme des lettres chiffre\u0301es dans un espace ale\u0301atoire ou\u0300 rien ne brille ni ne s\u2019e\u0301teint absolument. \u00ab A Guest + A Host = A Ghost \u00bb. Stance d\u2019une instance joueuse ? Stase d\u2019un jeu instable ne be\u0301ne\u0301ficiant me\u0302me pas de ce plan et de ce support qu\u2019est l\u2019e\u0301chiquier ou\u0300 l\u2019on de\u0301place les pie\u0300ces et re\u0301duit leurs marges de mouvements aux re\u0300gles de la victoire, de la de\u0301faite ou du mat.<\/p>\n<p>Chore\u0301graphier n\u2019est-il pas l\u2019art d\u2019e\u0301viter tous les pie\u0300ges que les calculs et les contingences d\u2019une existence dressent comme au-devant du corps pour qu\u2019il s\u2019y heurte et en soit stupe\u0301fie\u0301 ? Une e\u0301criture, hante\u0301e par le temps perdu, par le temps qui se perd, n\u2019essaie-t-elle pas, me\u0302me en ayant recours a\u0300 la ma- gie, de plier l\u2019objet qui fait obstacle ou de courber le plan inde\u0301fini qui e\u0301rige le vide comme un mur ou une dalle se\u0301che\u0301e&#8230; et de se promettre un autre corps pour passer corps et a\u0302me non pas de l\u2019autre co\u0302te\u0301 mais dans une zone de pures proximite\u0301s, non pas rivales mais riveraines les unes des autres ?<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 7\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Zone d\u2019existence a\u0300 laquelle le moindre geste re\u0302ve pour y composer des suites d\u2019instants que l\u2019enfer ne saurait condamner. Bre\u0300ves e\u0301piphanies, secre\u0300tes illuminations, incertaines du temps qui pre\u0301tendrait les accueillir, les recueillir et les transformer en forces utiles, pour en forcer les sens.<\/p>\n<p>Le corps ne porte peut-e\u0302tre sur soi que ce de\u0301sir de rayer la lumie\u0300re sans la blesser, de faire entrevoir son propre rayonnement non meurtrier (ni soleil trop intense, ni braise de cendres noires). Serait-ce le v\u0153u a\u0300 peine e\u0301mis, jamais prononce\u0301, de cette pre\u0301sence, si peu su\u0302re d\u2019elle-me\u0302me, de ces deux corps se silhouettant dans la lumie\u0300re blanche de la Synagogue de Delme, lumie\u0300re bru\u0302le\u0301e et intacte ou\u0300 l\u2019absence est entie\u0300re, ou\u0300 le jour est sans appels, sans aubes glaciales, sans me\u0301moires a\u0300 de\u0301truire ?<\/p>\n<p>L\u2019e\u0301criture ne chercherait-elle pas cette leve\u0301e de temps ou\u0300 un corps viendrait vers elle, rayonnant mais veillant sur le sens de \u00ab gestes inapparents\u00bb, suivant l\u2019expression d\u2019Egon Schiele, seuls en mesure d\u2019effacer, en anticipant sans fin, l\u2019extre\u0302me menace de voir \u00ab un corps raye\u0301 \u00bb hanter les temps, sans exception ?<\/p>\n<p>Se rappeler, ici, les premie\u0300res pages du \u00ab Journal \u00bb de Kafka : \u00ab Je priais en re\u0302ve la danseuse Eduardowa de bien vouloir danser encore une fois la czardas. Une large bande d\u2019ombre ou de lumie\u0300re lui coupait le visage entre le bord infe\u0301rieur du front et le milieu du menton. Juste a\u0300 ce moment, quelqu\u2019un s\u2019approcha d\u2019elle avec les gestes re\u0301pugnants de l\u2019intrigant qui s\u2019ignore, pour lui dire que le train partait tout de suite.<\/p>\n<p>A la manie\u0300re dont elle accueillit cette information, j\u2019eus la terrible certitude qu\u2019elle ne danserait plus. \u00ab Je suis une me\u0301chante femme, une mauvaise femme, n\u2019est-ce pas ? \u00bb, dit-elle. \u2013 \u00ab Oh non, dis-je, pas cela&#8230; et je me dis- posai a\u0300 partir dans n\u2019importe quelle direction&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>Danser\/e\u0301crire : ne pas ce\u0301der aux gestes de l\u2019intrigant qui s\u2019ignore. Tenter cela&#8230; en partant et en cherchant dans toutes les directions&#8230;<\/p>\n<p>Daniel Dobbels \u2013 4 mai 2016.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 7\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>PROGRAMMATION<\/strong><\/p>\n<p><strong>SAMEDI 28 MAI 2022<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-4221 alignleft\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/dobbels_programme_01_.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"\" \/><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 8\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>15h00<br \/>\nScho\u0308nberg peintre, le corps et la nuit (Kandinsky, Gerstl, Schiele, Kokoshka) (1 h) Confe\u0301rence par D. Dobbels<\/p>\n<p>\u00ab Il faut que ce qui est sans lieu soit astreint a\u0300 un corps \u00bb Merleau-Ponty<\/p>\n<p>16h00<br \/>\nL\u2019ombre du soir \u2013 2018 (30 min)<\/p>\n<p>Chore\u0301graphie : D. Dobbels | Interpre\u0301tation : C. Quettier Musique : Arnold Scho\u0308nberg, <em>La nuit<\/em><br \/>\ndirection Pierre Boulez avec le New-York Philarmonic 2006<\/p>\n<p>Solo de\u0301die\u0301 a\u0300 Alain Fleischer et Danielle Schirman<\/p>\n<p>A l\u2019origine il y a cette phrase de Nelly Sachs<br \/>\n\u00abElle danse, une charge sur les e\u0301paules\u00bb.<br \/>\n\u00abL\u2019ombre du soir ne pe\u0300se rien. Elle se place, e\u0301troite, e\u0301tire\u0301e, mince comme un fil que l\u2019existence ne peut suivre que par e\u0301gard, la\u0300, entre les masses e\u0301vide\u0301es, que les re\u0302ves ont de\u0301serte\u0301es. Ne rien e\u0301craser en ce passage limite\u0301, dans le temps, dans l\u2019espace.\u00bb<br \/>\nD. Dobbels<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 9\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>18h30<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-4223 alignright\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/daniel_dobbels_programme_2.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"\" \/><\/p>\n<p>Avant-propos par D. Dobbels sur John Coltrane<\/p>\n<p>Double impression \u2013 2020 (16 mm)<\/p>\n<p>Chore\u0301graphie D. Dobbels | Interpre\u0301tation: C. Quettier Musique : (alternate take) The John Coltrane quartet, Africa Solo de\u0301die\u0301 a\u0300 Francis Marmande<\/p>\n<p>Station unaire \u2013 2022 | Cre\u0301ation pour Cyclone le studio (30 min)<\/p>\n<p>Co-chore\u0301graphie de Daniel et Carole Dobbels<br \/>\nMusique: John Coltrane, <em>Love Supreme, Live in Seattle<\/em> (<em>Interlude<\/em> and <em>Persuance<\/em>) Solo de\u0301die\u0301 a\u0300 Patrick Sandrin<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi ne jouez-vous plus autant d\u2019harmoniques qu\u2019il y a quelques mois ? \u00bb \u00ab Pour le moment j\u2019en ai assez. Les harmoniques sont trop difficiles.<br \/>\nCela finit toujours par \u00ab couiner \u00bb \u00bb<br \/>\n(Entretien avec John Coltrane, \u00ab Je pars d\u2019un point et<br \/>\nje vais le plus loin possible \u00bb e\u0301d. De L\u2019E\u0301clat)<\/p>\n<p>20h00 | COCKTAIL DI\u0302NATOIRE<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 10\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>DIMANCHE 29 MAI 2022<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-4227 alignleft\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/carole_quettier_29_05_22_1.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"\" \/><\/p>\n<p>15h<br \/>\nLe corps ace\u0301phale, Michaux et la danse (1 h)<\/p>\n<p>Confe\u0301rence par D. Dobbels<br \/>\n\u00ab On pre\u0301fe\u0300rerait dans le secret de soi un corps plus uniquement corps (corps: e\u0301mouvant infirme)bondissant aveugle, sans te\u0302te&#8230;\u00bb (Michaux, <em>Danse<\/em>, 1938)<\/p>\n<p>16h<br \/>\n\u00ab Mes \u00ab soudains \u00bb \u00bb &#8211; 2021 (22 min)<\/p>\n<p>Chore\u0301graphie et interpre\u0301tation: C. Quettier Musique: Mauricio Kagel par Alexandre Tharaud<\/p>\n<p>\u00ab Mes jambes coulaient sous moi&#8230; Je me surveillais&#8230;Je me savais toujours en danger de me trouver emporte\u0301 en altitude, sur n\u2019importe quel impossible corps qui se trouverait passer ou se tenir dans l\u2019espace&#8230; Fini le solide. Fini le continu et le calme. Une certaine infime danse est partout&#8230; De\u0301sentrave\u0301, de\u0301braye\u0301, devenu un e\u0302tre d\u2019une nouvelle espe\u0300ce, s\u2019oriente vers une nouvelle patrie&#8230; plaine e\u0301brieuse de la folie \u00bb.<br \/>\n(Henri Michaux, <em>Connaissance par les gouffres<\/em>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 11\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-4229 alignright\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/carole_quettier_29_05_02.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"\" \/><\/p>\n<p>17h30<br \/>\nAvant-propos par D. Dobbels sur Bob Dylan: Wounded Places<\/p>\n<p><em>It\u2019s alright, Ma (I\u2019m only bleeding)<\/em>, 2022 (8mn)<br \/>\n<em>Under the line, alone<\/em>, 2016 (30mn)<br \/>\nChore\u0301graphie D. Dobbels | Interpre\u0301tation: C. Quettier | Musique : Bob Dylan<\/p>\n<p>\u00ab I was thinking of a series of dreams<br \/>\nWhere nothing comes up to the top.<br \/>\nEverthings stays down where it\u2019s wounded<br \/>\nAnd comes to a permanent stop. \u00bb (Bob Dylan, Series of dreams)<\/p>\n<p>Corps en tout point en alerte mais aussi \u2013 paradoxe irre\u0301solu \u2013 sous protection, soucieux des moindres figurations venant le fro\u0302ler, le traverser, peser sur lui ou l\u2019alle\u0301ger ou le dispenser d\u2019une peur soudaine (trop sienne). Il n\u2019aurait, en un sens, qu\u2019une ta\u0302che : danser de travers mais avec la plus aigu\u0308e des pre\u0301cisions (pre\u0301cision qui au- rait comme vise\u0301e de ne toucher aucun but, de ne rien confondre, de re\u0301ve\u0301ler une forme d\u2019osmose se\u0301pare\u0301e de<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 14\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Cyclone le studio<br \/>\n16\/18 rue Vulpian<br \/>\n75013 Paris<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.cyclonelesite.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cyclonelestudio.com<\/a><\/h3>\n<\/div>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4225\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/daniel_dobbels_carole_quettier_2022.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"\" \/><\/p>\n<p><em>&#8230; Celui qui regarde du dehors \u00e0 travers une fen\u00eatre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fen\u00eatre ferm\u00e9e. Il n\u2019est pas d\u2019objet plus profond, plus myst\u00e9rieux, plus f\u00e9cond plus t\u00e9n\u00e9breux, plus \u00e9blouissant qu\u2019une fen\u00eatre \u00e9clair\u00e9e d\u2019une chandelle. Ce qu\u2019on peut voir au soleil est toujours moins int\u00e9ressant que ce qui se passe derri\u00e8re une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux, vit la vie, r\u00eave la vie, souffre la vie.<\/em><br \/>\nCharles Baudelaire<\/p>\n<p><em>&#8230; Nous ne sommes tu\u00e9s que par la vie.<br \/>\nLa mort est l\u2019h\u00f4te.<br \/>\nElle d\u00e9livre la maison de son enclos et la pousse \u00e0 l\u2019or\u00e9e du bois.<br \/>\nSoleil jouvenceau, je te vois ; mais l\u00e0 o\u00f9 tu n\u2019es plus.<br \/>\nQui croit renouvelable l\u2019\u00e9nigme, la devient.<br \/>\nEscaladant librement l\u2019\u00e9rosion b\u00e9ante, tant\u00f4t lumineux, tant\u00f4t obscur, savoir sans fonder sera sa loi.<br \/>\nLoi qu\u2019il observera mais qui aura raison de lui; fondation dont il ne voudra pas mais qu\u2019il mettra en \u0153uvre.<br \/>\nOn doit sans cesse en revenir \u00e0 l\u2019\u00e9rosion. La douleur contre la perfection.<\/em><br \/>\nRen\u00e9 Char<\/p>\n<\/div>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4235\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Carole_Quettier_05_22.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle ombre sort de la nuit ? Daniel Dobbels | Carole Quettier Performance effectu\u00e9e au Cyclone le studio les samedi 28 et dimanche 29 mai 2022 \u00ab Je ne danse pas pour que l\u2019on m\u2019attende \u00bb, dit, dans ses \u00ab Cahiers \u00bb, Nijinski. Mais des danses peuvent attendre, patienter, vivre de souffles presque \u00e9teints et, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[125,65,447,60,61,69,62],"tags":[594,593,23],"class_list":["post-4213","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-danse-format","category-evenement","category-format","category-genre","category-performance","category-texte","tag-carole-quettier","tag-daniel-dobbels","tag-danse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4213"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4213\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4257,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4213\/revisions\/4257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}