{"id":414,"date":"2011-03-08T13:42:29","date_gmt":"2011-03-08T13:42:29","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=414"},"modified":"2011-05-10T07:33:43","modified_gmt":"2011-05-10T07:33:43","slug":"nicole-caligaris-les-funerailles-du-meteore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/nicole-caligaris-les-funerailles-du-meteore\/","title":{"rendered":"Nicole Caligaris | Les fun\u00e9railles du m\u00e9t\u00e9ore"},"content":{"rendered":"<p><i>Le texte que nous pr\u00e9sentons ce jour a \u00e9t\u00e9 lu lors de <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article3658\">la rencontre \u2018Instin\u2019<\/a> qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e le 7 mai 2010 dans le cadre des rencontres <a href=\"http:\/\/remue.net\">Remue.net<\/a>.<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<hr >\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>Les Fun\u00e9railles du m\u00e9t\u00e9ore<br \/>\n<em>Conf\u00e9rence sur la conf\u00e9rence sur l&rsquo;autorit\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral Instin<br \/>\nAddendum \u00e0 la conf\u00e9rence (<a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article2998\">qu&rsquo;on trouvera ici<\/a>)<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire a commenc\u00e9 pour moi au Val-de-Gr\u00e2ce, au cours d&rsquo;une recherche aux archives, pour un de mes livres, <em>Les Hommes signes<\/em>, alors que je travaillais sur les mutil\u00e9s de la face du conflit mondial de 14-18, par une enveloppe \u00e9gar\u00e9e dans un dossier auquel, pour des raisons chronologiques, elle ne pouvait appartenir. Dans cette enveloppe que j&rsquo;ai eu la curiosit\u00e9 d&rsquo;ouvrir, j&rsquo;ai trouv\u00e9 les notes pr\u00e9paratoires pour une conf\u00e9rence sur l&rsquo;autorit\u00e9, \u00e0 destination des \u00e9l\u00e8ves officiers, avec un bordereau de commande du minist\u00e8re de la Guerre, portant le nom du g\u00e9n\u00e9ral Instin dont je venais tout juste d&rsquo;entendre parler pour la premi\u00e8re fois, par un ami qui commen\u00e7ait l&rsquo;historiographie combin\u00e9e de cette figure disparue des m\u00e9moires et, comme j&rsquo;ai pu l&rsquo;apprendre par la suite dans mes propres recherches, des registres, tout au moins du programme de l&rsquo;\u00c9cole d&rsquo;Instruction des Officiers : la conf\u00e9rence du g\u00e9n\u00e9ral restera \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de notes \u00e9parses, citations, extraits d&rsquo;ouvrages disparates dans leur nature comme dans leur chronologie, fragments de r\u00e9cits dont je dois avouer n&rsquo;avoir pas encore p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 la logique qui les relie ou devrait les relier \u00e0 une conf\u00e9rence sur l&rsquo;autorit\u00e9. Elle ne sera jamais prononc\u00e9e, cette conf\u00e9rence. J&rsquo;ai trouv\u00e9 depuis un document qui permet de comprendre pourquoi mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;objet de nos rencontres et je n&rsquo;en parlerai pas ici.<\/p>\n<p>Le discours prononc\u00e9 aux obs\u00e8ques du g\u00e9n\u00e9ral par le pr\u00e9sident du comit\u00e9 technique g\u00e9nie nous apprend que c&rsquo;est dans la ville d&rsquo;Orl\u00e9ans, o\u00f9 il exer\u00e7a son expertise dans la construction militaire et les fortifications, qu&rsquo;il obtint ses galons de colonel. Et ce que les circonvolutions d&rsquo;une recherche favoris\u00e9e par le hasard nous enseignent, c&rsquo;est que ce colonel Instin avait li\u00e9 amiti\u00e9 avec le plus discr\u00e8tement excentrique des notables du lieu.<\/p>\n<p>Conduite aux archives municipales d&rsquo;Orl\u00e9ans par une curiosit\u00e9 pour les distilleries d&rsquo;anisette, contract\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Anis Gras d&rsquo;Arcueil en septembre 2008, voici que je trouve, dans une des bo\u00eetes portant le nom de la famille Lausoll\u00e9e de la c\u00e9l\u00e8bre Anisette Supr\u00eame Lausoll\u00e9e &#038; Siger, un courrier du g\u00e9n\u00e9ral Instin adress\u00e9 \u00e0 Edmond Lausoll\u00e9e, patron de l&rsquo;Anisette Supr\u00eame mais aussi folkloriste local, courrier dont la lettre a \u00e9t\u00e9 perdue et auquel le brave homme avait seulement commenc\u00e9 de r\u00e9pondre, interrompu par sa propre mort. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cette r\u00e9ponse et pour cela sans doute pass\u00e9s encore inaper\u00e7us, trois feuillets de la main du g\u00e9n\u00e9ral Instin, r\u00e9unis sous un titre, \u00ab\u00a0Les fun\u00e9railles du m\u00e9t\u00e9ore\u00a0\u00bb, et que leur organisation et leur facture portent \u00e0 verser au corpus des notes pr\u00e9paratoires \u00e0 la conf\u00e9rence sur l&rsquo;autorit\u00e9, documents constitu\u00e9s de lettres dont je n&rsquo;ai retranch\u00e9 que les formules de politesse et d&rsquo;un rapport de police que j&rsquo;ai all\u00e9g\u00e9 des r\u00e9p\u00e9titions, introductions et tournures d&rsquo;un formalisme administratif qui risquait de lasser le lecteur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>&#8230;\/&#8230;<\/p>\n<blockquote><p><strong>Lettre du Dr Rocheport \u00e0 un confr\u00e8re de Tours pour lui confier un patient<\/strong><\/p>\n<p>Nous remontions le fleuve avec deux jours de retard. Notre navire \u00e9tait entr\u00e9 dans un brouillard si dense que nous ne distinguions plus nos propres mains. \u00c9quipage et passagers, nous \u00e9tions group\u00e9s sur le pont comme en esprit, nos corps disparus dans cette atmosph\u00e8re \u00e9paisse \u00e0 quoi le printemps donnait une clart\u00e9 d&rsquo;absinthe et que la prudence nous faisait traverser \u00e0 la vitesse du pas des b\u0153ufs.<br \/>\nDu reste, sans le savoir, nous avons d\u00fb nous approcher trop des berges. Impossible, \u00e0 cette vitesse, et dans cette brume de savoir exactement o\u00f9 nous \u00e9tions.<br \/>\nCe que nous entend\u00eemes tous, et qui sembla monter soudain du fleuve lui-m\u00eame, ou du ciel qui nous \u00e9tait tomb\u00e9 dessus, ce que nous entend\u00eemes comme provenant du pont m\u00eame de ce bateau poss\u00e9d\u00e9 par le fleuve et sa maudite \u00e9cume qui aura noy\u00e9 plus d&rsquo;un pauvre homme, ce que nous entend\u00eemes, je ne saurais pas le d\u00e9crire, mais \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait assur\u00e9ment pas le son d&rsquo;une gorge humaine et je n&rsquo;y reconnus pas celui des chiens.<br \/>\nInquiets pour leur bateau, les hommes d&rsquo;\u00e9quipage n&rsquo;eurent pas le temps de s&rsquo;attarder sur le ph\u00e9nom\u00e8ne. mais nous \u00e9tions quelques passagers que le capitaine avait accept\u00e9 de prendre, selon cette c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 laquelle cette fois il me fallut, en tant que m\u00e9decin, prendre part, et que, quel que soit le ma\u00eetre \u00e0 bord, j&rsquo;ai toujours vu se d\u00e9rouler de fa\u00e7on immuable, \u00e0 commencer par le d\u00e9p\u00f4t des pi\u00e8ces sonnantes sur la page du registre des comptes puis la longue minute sous la toise du regard qu&rsquo;il y a int\u00e9r\u00eat \u00e0 soutenir muettement, et puis la formalit\u00e9 d&rsquo;une b\u00e9n\u00e9diction m\u00e9dicale qui m&rsquo;a valu \u00e0 bord la meilleure couchette et sur le papier la ristourne pour l&rsquo;ensemble de mon voyage.<br \/>\nMalgr\u00e9 cette impitoyable toise charg\u00e9e d&rsquo;\u00e9carter les faibles temp\u00e9raments, un homme a flanch\u00e9, un commer\u00e7ant de Taragone qui en garda une main noire et y perdit son nom que je n&rsquo;ai jamais su, pour y gagner, si je puis dire, le sobriquet de Diablo, Diablo \u00e0 la main noire, qui rempla\u00e7a le nom de son p\u00e8re pour le restant de son existence.<br \/>\nDans ces sons rauques et glapissants que le brouillard tant\u00f4t \u00e9touffait, tant\u00f4t portait dans l&rsquo;air absolument silencieux, Diablo entendit une voix qui s&rsquo;adressait \u00e0 lui, pire, il y reconnut le grec de sa petite enfance, grec dont le m\u00e9decin que je suis ne saisit pas une syllabe. Mais Diablo, qui n&rsquo;avait peut-\u00eatre appris de grec que le jargon de Thessalonique, identifia avec certitude dans cette inintelligible syntaxe du hasard, du fleuve et du brouillard conjugu\u00e9s, la voix terrible d&rsquo;Ulysse descendu chez les morts et qui les saluait un par un en leur rendant hommage au nom de Personne, avec \u00e0 chacun la douceur due \u00e0 son rang, et quand notre Taragonais entendit d\u00e9filer les grands noms d&rsquo;Espagne parmi lesquels \u00e9tait le sien, d\u00fbment flanqu\u00e9 de son pr\u00e9nom exact et de la date de naissance que lui f\u00eatait sa grand-m\u00e8re et que son \u00e9tat civil ne mentionnait pas, il le laissa couler, ce nom, dans le n\u00e9ant qui entourait notre bateau, et accepta de s&rsquo;en s\u00e9parer sur-le-champ pour sortir de ce cauchemar avec ce nom et cette main de singe, certes, mais vivant, l&rsquo;\u00e2me encore chevill\u00e9e \u00e0 sa bedaine, libre de son commerce et de ses mouvements dans le pays dont il finirait bien par toucher la terre ferme.<\/p><\/blockquote>\n<p>&#8230;\/&#8230;<\/p>\n<blockquote><p><strong>Lettre de l&rsquo;instituteur des Aulnaies \u00e0 l&rsquo;inspecteur d&rsquo;acad\u00e9mie pour lui demander l&rsquo;autorisation d&rsquo;entreprendre une construction, avec ses \u00e9l\u00e8ves, dans la cour de l&rsquo;\u00e9cole communale<\/strong><\/p>\n<p>Les vieilles gens de la r\u00e9gion se rappellent avoir vu, dans leur enfance, se produire un forain pi\u00e9montais dont la remorque s&rsquo;ouvrait sur un chaos de lignes noires trac\u00e9es sur fond blanc du sol au plafond, dont les triangles et les obliques faisaient para\u00eetre l&rsquo;int\u00e9rieur immense comme un cosmos.<br \/>\nEt c&rsquo;est d&rsquo;apr\u00e8s leur r\u00e9cit que je voudrais construire, avec mes gar\u00e7ons de grande section, le mod\u00e8le r\u00e9duit de cette remorque.<br \/>\nOn raconte qu&rsquo;au centre de cette galaxie cr\u00e9\u00e9e par les biais de la perspective, se trouvait un homme dans une tenue dont les dessins le faisaient dispara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du d\u00e9cor de ce tour dont le but devait \u00eatre la vente d&rsquo;un tissu tout nouveau, pr\u00e9tendument venu de Chine, qui ne se d\u00e9chirait ni ne s&rsquo;usait s&rsquo;il \u00e9tait port\u00e9 comme il faut, qui se nettoyait sans lavage, au seul contact de la lumi\u00e8re, et dont le forain proposait \u00e0 bas prix les coupons, il avait, para\u00eet-il, un succ\u00e8s fou.<br \/>\nFaite d&rsquo;enfants, de femmes en tablier, l&rsquo;assistance \u00e9tait invit\u00e9e \u00e0 se taire. Et rien ne pouvait commencer tant que n&rsquo;\u00e9tait pas observ\u00e9 par tous le plus profond silence.<br \/>\nDans ce silence on fixait le jeu hallucinant des obliques noires crois\u00e9es sur les parois blanches de la remorque o\u00f9 l&rsquo;homme se tenait strictement immobile et, au bout d&rsquo;un temps dans cette vibration de lignes, o\u00f9 il devenait ind\u00e9celable.<br \/>\nComme seule dans cette toile, l&rsquo;assistance \u00e9tait invit\u00e9e par un murmure du forain gant\u00e9 de blanc qui restait dans son dos, \u00e0 lancer une date du pass\u00e9 proche ou lointain.<br \/>\nQuand elle avait assez longtemps r\u00e9sonn\u00e9 se produisait le ph\u00e9nom\u00e8ne : l&rsquo;homme qui n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;une voix, une voix qui semblait provenir de l&rsquo;assistance elle-m\u00eame, entrait dans le r\u00e9cit d\u00e9cousu, monocorde, expuls\u00e9 en un souffle, des \u00e9v\u00e9nements petits ou graves qu&rsquo;avait connus l&rsquo;ann\u00e9e qu&rsquo;on lui avait lanc\u00e9e en p\u00e2ture. \u00c9v\u00e9nements dont le forain jurait que les historiens de la facult\u00e9 de Bologne avaient pass\u00e9 trois ann\u00e9es pleines \u00e0 authentifier le r\u00e9pertoire complet et qu&rsquo;il tenait, \u00e0 la disposition de qui voudrait, les certificats \u00e9mis par la science, bien que les jeunes gens malicieux qui avaient r\u00e9ussi \u00e0 tromper son \u0153il d&rsquo;acier pour se glisser plusieurs fois dans la remorque pr\u00e9tendissent avoir reconnu les m\u00eames sc\u00e8nes distribu\u00e9es selon la fantaisie chronologique du moment.<br \/>\nJe suppose que l&rsquo;homme avait appris de m\u00e9moire un kal\u00e9idoscope de r\u00e9cits qu&rsquo;il agen\u00e7ait \u00e0 l&rsquo;intuition, ce qui fait que dans la conscience des enfants, des paysannes et des nourrices, l&rsquo;histoire du pays \u00e9tait, dans chaque bourgade o\u00f9 avait tourn\u00e9 le num\u00e9ro, faite de sc\u00e8nes identiques d\u00e9livr\u00e9es dans un r\u00e9cit diff\u00e9rents, dans un r\u00e9cit tiss\u00e9 d&rsquo;obliques et d&rsquo;angles qui le feront toujours d\u00e9vier de la ligne scientifique, dont les innombrables agencements feront toujours varier l&rsquo;histoire qu&rsquo;ils rendent instable comme une potion chimique et dont il font appara\u00eetre, par illusion, le monde des a\u00efeux tant\u00f4t id\u00e9al, tant\u00f4t heureux, tant\u00f4t terrible en regard.<\/p><\/blockquote>\n<p>&#8230;\/&#8230;<\/p>\n<blockquote><p><strong>Main courante du registre de police du commissariat central de la ville d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/strong><\/p>\n<p>Suite au cort\u00e8ge obsc\u00e8ne illicite dit \u00ab\u00a0des fun\u00e9railles du Roi temporaire\u00a0\u00bb, ce jour, 673 d\u00e9ferrements de femmes et d&rsquo;hommes.<br \/>\nLes t\u00e9moins, bourgeois de la ville d&rsquo;Orl\u00e9ans, d\u00e9clarent avoir :<br \/>\nVu une potence dress\u00e9e sur la berge \u00e0 l&rsquo;aube de ce jour et \u00e0 notre grand effroi.<br \/>\nVu, sur le bras de cette potence, clouer le corps vivant d&rsquo;un \u00e9pervier.<br \/>\nCe m\u00eame jour, vu, sur des barges amarr\u00e9es en travers du fleuve, installer des balan\u00e7oires de construction pr\u00e9caire, leur nacelle au-dessus de l&rsquo;eau.<br \/>\nCe m\u00eame jour, vu dix vieilles femmes en jupons, port\u00e9es sur leurs \u00e9paules par dix jeunes gens \u00e0 demi nus menant cort\u00e8ge silencieux par la ville.<br \/>\nCe m\u00eame jour, vu d\u00e9poser les vieilles femmes sur les nacelles par les jeunes gens entr\u00e9s dans le fleuve jusqu&rsquo;\u00e0 la ceinture.<br \/>\nVu la foule mass\u00e9e sur la berge dans un silence recueilli.<br \/>\nVu les vieilles femmes commencer leur balancement par des poses lascives, sous la pouss\u00e9e des jeunes gens enfonc\u00e9s dans l&rsquo;eau.<br \/>\nVu d\u00e9crocher l&rsquo;\u00e9pervier de la potence pour le porter en terre c\u00e9r\u00e9monieusement.<br \/>\nVu recouvrir de limon l&#8217;emplacement de la fosse.<br \/>\nEntendu le \u00ab\u00a0ci-g\u00eet\u00a0\u00bb.<br \/>\nEntendu le mot \u00ab\u00a0m\u00e9t\u00e9ore\u00a0\u00bb \u2014 incertitude du t\u00e9moin.<br \/>\nEntendu chanter les vieilles femmes se balan\u00e7ant au-dessus de l&rsquo;eau.<br \/>\nEntendu, dans le courant du fleuve, la voix \u00e9raill\u00e9e des chanteuses chantant \u00e9pouvantablement.<br \/>\nVu les jeunes gens sortis de l&rsquo;eau se livrer sur la berge \u00e0 une course dont le prix est un rameau d&rsquo;\u00e9glantier.<\/p><\/blockquote>\n<p>&#8230;\/&#8230;<\/p>\n<blockquote><p><strong>Brouillon de lettre d&rsquo;Edmond Lausoll\u00e9e au g\u00e9n\u00e9ral Instin<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;ai vu encore, dans mon enfance, pratiquer ces cort\u00e8ges interdits dans les villages o\u00f9 les gens paraissent avoir id\u00e9e que la c\u00e9r\u00e9monie provoque la f\u00e9condit\u00e9. J&rsquo;ignore sur quoi se fonde leur supposition mais ni la m\u00e9decine, ni la science, ni l&rsquo;administration du pays, ni les remembrements ne semblent pouvoir les d\u00e9tourner de cette conviction.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte que nous pr\u00e9sentons ce jour a \u00e9t\u00e9 lu lors de la rencontre \u2018Instin\u2019 qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e le 7 mai 2010 dans le cadre des rencontres Remue.net. 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