{"id":3863,"date":"2019-10-14T09:21:54","date_gmt":"2019-10-14T08:21:54","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=3863"},"modified":"2023-04-20T11:15:18","modified_gmt":"2023-04-20T10:15:18","slug":"nathanaelle-quoirez-textes-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/nathanaelle-quoirez-textes-02\/","title":{"rendered":"Nathana\u00eblle Quoirez | Textes (02)"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<div id=\"attachment_3815\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Nathanaelle_Quoirez.jpg\" rel=\"lightbox[3863]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3815\" class=\"wp-image-3815 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Nathanaelle_Quoirez-150x150.jpg\" alt=\"Nathanaelle Quoirez - Cr\u00e9dit photo : Quentin D\u00e9sid\u00e9ri\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3815\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Quentin D\u00e9sid\u00e9ri<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nathana\u00eblle Quoirez na\u00eet pas morte en 1992. \u00c9crit depuis longtemps quand m\u00eame surtout des textes po\u00e9tiques. Est pass\u00e9e par les arts du spectacle. Explore la lecture et la performance po\u00e9tique. Donne des ateliers d&rsquo;\u00e9criture et de th\u00e9\u00e2tre. Bidouille des livres minuscules sur sa machine \u00e0 \u00e9crire. Attend. Se trouve sur Facebook. Ailleurs parfois : <a href=\"https:\/\/nathanaellequoirez.wixsite.com\/ab-imo-pectore\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ab imo pectore<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p>14 h 22 : illusion d&rsquo;orage dans le cirque des \u00e9pic\u00e9as, tombent les gouttes d&rsquo;aiguilles, la morve au vent, le cri perc\u00e9 du ventre. on rentre les oreilles aux genoux d&rsquo;avoir suivi le petit enfant. le tenir, verbe des passants qui oublient que l&rsquo;enfance d\u00e9ficitaire n&rsquo;est pas une faune de compagnie mais une intemp\u00e9rie dans la force int\u00e9rieure. que penser. rien que la vie rituelle, recommencement des alignements du jour. trafalgar de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, je rentre au pays sans la terre qui me porte et tout est d\u00e9sign\u00e9 comme aboli. me goinfrer de bornes aux lacets, pas trop branler le cognitif, aligner le squelette dans l&rsquo;horizon. vaille que vaille dans l&rsquo;envie de rien. se faire tasser dans le pot, rouler du plat, absorber du d\u00e9nivel\u00e9. allez jouir un peu. JE TE SOUPIRE. on fume.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>21 h : descendre n&rsquo;est pas cogner. MAIS COGNER c&rsquo;est limiter la peau \u00e0 la lisi\u00e8re du soi. j&rsquo;ai descendu les barbel\u00e9s dans les \u00e9corchures, c&rsquo;\u00e9tait de l&rsquo;\u00e9vidence critique. j&rsquo;ai pris les bonnes chaussures pour d\u00e9valer les pistes pesanteur. tout le sable avec ses \u00e9tendues patraques de mer j&rsquo;ai tout march\u00e9, tout d\u00e9gueul\u00e9 le suicide de m\u00e9dicaments dans la joue du silence. c&rsquo;\u00e9tait la fin d&rsquo;or livide pour m&rsquo;adorer avec du bleu couteau pour effiler le cri. grand de regard partout sur\u00a0le plat du sang. les plaies de cailloux, crime d&rsquo;an\u00e9antissement, je suis tomb\u00e9 sous le coup de nuit, l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du soleil. c&rsquo;\u00e9tait principal comme sentence, la vie sans cin\u00e9ma. j&rsquo;avais pour moi un autre \u00e0 qui je demandais la vie. besoin de me vivre \u00e0 deux pour pas finir. alors on avait nos quatre jambes de rumination mentale, on divisait l&rsquo;espace, on rapprochait les murs. un peu la peau couvrait le monde, un prenait place. on s&rsquo;\u00e9panouissait. c&rsquo;\u00e9tait ma peur contre ton double. vouloir user la nuit. du ventre \u00e0 plat toute la mer plate, on bricolait la nourriture des mains qui fouillent sur les rochers. je voulais sauter dans l&rsquo;eau. MAIS QUI CONDAMNE A DISPARA\u00ceTRE ? on dit : cafouillage instantan\u00e9 dans la parole de naissance. j&rsquo;ai pas pris \u00e7a pour moi, me suis cru excus\u00e9e dans la solution terrestre de l&rsquo;\u00e9criture. j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 la lame le grand d\u00e9sert de sable. j&rsquo;\u00e9tais n\u00e9ant g\u00e2t\u00e9 de l&rsquo;horizon de mer, le corps r\u00e9clamait d&rsquo;y mourir. trop de jeunesse et on avait rien tu\u00e9 de la mal\u00e9diction. je respirais bien mal dans le poumon fant\u00f4me m\u00e9m\u00e9 faisait encore des crises abominables. conduit bouch\u00e9 de la pulmonation, prise en apn\u00e9e dans les fers du thorax toute la lign\u00e9e femelle de la d\u00e9glutition. par l\u00e0 que maman a pas prononc\u00e9 le premier de ses mots dans le petit \u00e2ge. faute \u00e0 la syncope. car j&rsquo;y viens : les phrases. toutes ont bu \u00e0 la suffocation du dire. goul\u00e9e sap\u00e9e de la ventilation, le clapet qui d\u00e9bloque. l&rsquo;arythmie dans le grand corps g\u00e9n\u00e9tique de la langue c&rsquo;est \u00e7a la po\u00e9sie.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>15 h 00 : te pleurer dans les bras. z\u00e9ro prise. habiller d&rsquo;un frac le cadran des heures sales. se lever. grande feuille de papier blanc : qu&rsquo;est-ce que je vais faire ? c&rsquo;est rat\u00e9 je pense, une histoire de discontinuit\u00e9 de lignes, brouillade de blanc cass\u00e9 dans la courroie des transmissions. attaque des images, ancienne vue am\u00e8re, recommencement. toujours recommencement. injecter de la pouss\u00e9e inverse dans la tradition du temps, na\u00eetre \u00e0 la fin. peut-\u00eatre tension d&rsquo;hormones ou\u00a0petites truites malades de la neuro-caboche. prennent les autres toute une caisse \u00e0 gober : contre les angoisses contre les tristesses contre les insomnies. un jour peut-\u00eatre je les rejoindrais dans le panier \u00e0 musette des d\u00e9possessions, le chronos pendu \u00e0 l&rsquo;heure. pas dis ni au p\u00e8re ni \u00e0 la m\u00e8re que j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 finie au sucre : excit\u00e9e, friable, dop\u00e9e, hypoglyc\u00e9mique. rien dis. j&rsquo;ai travers\u00e9 mes trous d&rsquo;eau, mes trous d&rsquo;air. pressuris\u00e9e, d\u00e9pressuris\u00e9e, en vrac au barom\u00e8tre. j&rsquo;avais mon lot de consolation : dieu avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, restait ma cour de pierres tombales. le paranormal, les tables, les charlatans du tout pouvoir de la divination, les hasards recens\u00e9s comme des a\u00e9rolithes, j&rsquo;y croyais, m&rsquo;y noyais. fallait draguer en moi le disciple \u00e0 instruire. j&rsquo;aimais pas vraiment le danger, flirt l\u00e9ger au pr\u00e9cipice, pas de quoi fouetter dans les bordels. plut\u00f4t dans les clous d&rsquo;ailleurs. plut\u00f4t polie d&rsquo;ailleurs. pas tant de violence au fond. j&rsquo;avais resserr\u00e9 les sangles, besoin du parachute. c&rsquo;\u00e9tait pas la peine de s&#8217;embarquer dans ses torpeurs. je crois que j&rsquo;ai tout aim\u00e9 : du faux sage \u00e0 l&rsquo;alcoolique. j&rsquo;ai tout br\u00fbl\u00e9 en moi. l&rsquo;amour me parvenait du pire, est-ce qu&rsquo;on choisit vraiment ? je m&rsquo;arr\u00eatais dans la vie, je regardais : j&rsquo;aimais beaucoup les gens, j&rsquo;aurais voulu en \u00eatre. de leurs jeunesses, habitudes, de leurs forces et joies, de leurs intelligences et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9s, de leurs mouvements dans le froncement de l&rsquo;air. on me dit : mais tous voudrait \u00e7a. sans doute. j&rsquo;avais besoin d&rsquo;une autre vie, d&rsquo;un cr\u00e2ne \u00e0 la hauteur du monde. je voulais des muscles, du rire, faire la cuisine pour les amis. je voulais mes vingt-ans ans dans la facilit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre et du sans peur dans ma tra\u00een\u00e9e de sang. je voulais de la force pour tout abattre. des f\u00eates jusqu&rsquo;\u00e0 six heures. voulais \u00eatre acrobate. mais non j&rsquo;avais ferm\u00e9 ma t\u00eate, j&rsquo;avais cass\u00e9 mon corps.<\/p>\n<p>*<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nathana\u00eblle Quoirez na\u00eet pas morte en 1992. \u00c9crit depuis longtemps quand m\u00eame surtout des textes po\u00e9tiques. 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