{"id":3409,"date":"2016-07-28T00:01:18","date_gmt":"2016-07-27T23:01:18","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=3409"},"modified":"2016-07-26T12:50:48","modified_gmt":"2016-07-26T11:50:48","slug":"guillaume-vissac-t-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/guillaume-vissac-t-02\/","title":{"rendered":"Guillaume Vissac \u2022 t  \u2022 02"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Nous somme tr\u00e8s honor\u00e9s d&rsquo;accueillir pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9 une s\u00e9rie de Guillaume Vissac intitul\u00e9 <em>t<\/em>. Guillaume Vissac est <a href=\"http:\/\/librairie.publie.net\/fr\/list\/rechercher\/page\/1\/date?q=vissac\" target=\"_blank\">auteur<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.publie.net\/\" target=\"_blank\">\u00e9diteur<\/a>. Il est l&rsquo;une des valeurs s\u00fbres de la litt\u00e9rature \u00e0 venir. Il publie ses textes ainsi que son journal et une traduction quotidienne d&rsquo;<em>Ulysse<\/em> de Joyce sur son site <a href=\"http:\/\/fuirestunepulsion.net\/spip.php?page=sommaire\" target=\"_blank\">Fuir est une pulsion<\/a>.<br \/>\nA suivre tous les jeudis.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><em>meutes ou nu\u00e9es de libellules<\/em><\/h1>\n<h2>L\u00e0-bas, je voulais faire mais j&rsquo;avais pas la force. Les autres autour de moi font. On s&rsquo;est retrouv\u00e9 quinze ou vingt pr\u00e8s de la zone sans avoir \u00e0 nous consulter. Des langues diverses. Nos corps. Elles, eux, ils ont la force. Ils sont dans le mouvement. J&rsquo;ai pas la force, je n&rsquo;ai plus de bras, plus d&rsquo;\u00e9paule, plus de nuque, j&rsquo;ai besoin de mes mains pour me tenir la t\u00eate dans le ventre et j&rsquo;ai plus de genoux, de chevilles, d&rsquo;articulations lentes, j&rsquo;ai la t\u00eate inclin\u00e9e, on me dit j&rsquo;ai la t\u00eate inclin\u00e9e, j&rsquo;ai de la d\u00e9glutition dans la bouche, j&rsquo;ai pas la force de vouloir avoir la force et j&rsquo;ai des courbatures, aux gestes, des courbatures \u00e0 l&rsquo;immobilit\u00e9, des courbatures dans le sommeil et dans le dos le jour, la nuit, le matin. Faire un geste \u00e7a me co\u00fbte. Faire le geste d&rsquo;\u00e9carter les branches et les \u00e9paules, faire le geste de lever la jambe ou la nuque, de lever le genou, d&rsquo;enjamber la souche morte, de me recueillir sur la souche morte, de b\u00e9nir la souche morte avec un regard ou un \u0153il, de penser le mot \u0153il \u00e7a me co\u00fbte, le souvenir d&rsquo;un air qu&rsquo;on m&rsquo;a murmur\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oreille l&rsquo;autre jour \u00e7a me co\u00fbte. Le souvenir d&rsquo;un souvenir, le souvenir d&rsquo;une chanson. Une chanson \u00e7a me co\u00fbte. Quelqu&rsquo;un vient me prendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule et je me retrouverai dans ses yeux. La nuit fond sur nous comme la salive. Il n&rsquo;y a pas de mots. On me met le cou sous un coude et du bras on m&rsquo;aidera \u00e0 marcher. On me dit qu&rsquo;on y est, je me suis r\u00e9fugi\u00e9 dans ce corps qui me porte. Je n&rsquo;ai plus besoin de mes yeux, on me dit endors-toi. Ferme les yeux, on m&rsquo;a dit. Tu n&rsquo;as plus besoin de tes yeux, moi je te les pr\u00eate, les miens. J&rsquo;ai senti le souvenir des libellules me prendre ou me saisir (des meutes ou des nu\u00e9es). Je pouvais tout aussi bien m&rsquo;en remettre au poids de l&rsquo;autre alors. Celui ou celle contre quoi je m&rsquo;appuis pouvait aussi bien \u00eatre un ours ou un arbuste. Les yeux ferm\u00e9s c&rsquo;est plus facile. Je me suis senti marcher sans mon corps dans le reclus de mes yeux clos et dans le chuchotement des feuilles et des branchages qui pliaient tant de fois contre nous. Ces bruits venus me dessineront des chants. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous somme tr\u00e8s honor\u00e9s d&rsquo;accueillir pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9 une s\u00e9rie de Guillaume Vissac intitul\u00e9 t. Guillaume Vissac est auteur et \u00e9diteur. Il est l&rsquo;une des valeurs s\u00fbres de la litt\u00e9rature \u00e0 venir. 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