{"id":2515,"date":"2014-07-08T17:17:25","date_gmt":"2014-07-08T16:17:25","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=2515"},"modified":"2014-09-11T20:02:19","modified_gmt":"2014-09-11T19:02:19","slug":"charles-fort-vert-cristaux-de-mots-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-05\/","title":{"rendered":"Charles Fort-Vert \u2022 Cristaux de mots (7 \u00e0 9)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/JP.Reduron-01.jpeg\" alt=\"\" width=\"120\" height=\"628\" \/>Charles Fort-Vert est botaniste, sp\u00e9cialiste impliqu\u00e9 dans le domaine du v\u00e9g\u00e9tal et de l\u2019environnement. Sa pratique d\u2019\u00e9criture trouve son inspiration principale dans la musique contemporaine ; en tant que sources secondaires, la g\u00e9ologie (roches, structures, couleurs, strates, reliefs\u2026), la perception aromatique et la photographie artistique. L\u2019\u00e9criture se concentre autour des mots et des lettres, point de d\u00e9part et d\u2019arriv\u00e9e des textes, apr\u00e8s leur voyage en lignes.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>7. Bloc<\/h3>\n<p>Bloc, stock, roc, \u00e9toc.<br \/>\nLa nuit est douce sur la mousse.<br \/>\nLe stockfish s\u00e8che sur sa perche.<br \/>\nEt la souche anglaise s\u2019accroche encore dans la glaise, \u00e0 son aise.<br \/>\nAccroc, croc.<br \/>\nDu Bellay \u00e9crit \u201c stoc \u201d, chassant le K qu\u2019a gard\u00e9<br \/>\nKlavierst\u00fccke ou  Klavierstock\u2026hausen !<br \/>\nBloc-notes.<br \/>\nLe morceau de bois est tout d\u2019un bloc.<br \/>\nRoche est un pr\u00e9nom f\u00e9minin.<br \/>\nElle est allong\u00e9e, dormant dans le sol, sous sa couverture de mousse.<br \/>\nEtoc et Roc sont des pr\u00e9noms m\u00e2les.<br \/>\nEtoc est un croc de mer, une vague p\u00e9trifi\u00e9e, et<br \/>\nRoc est un bloc, non de bois comme \u00e0 l\u2019origine,<br \/>\nmais un bloc de roche, comme l\u2019\u00e9toc.<br \/>\nLa femme est sa mati\u00e8re mais il est fait bloc, dur, r\u00e9sistant au temps.<br \/>\nLe tronc abattu g\u00eet pr\u00e8s de la souche. Il geint encore,<br \/>\nbois sonore,<br \/>\ndont nulle oreille ne per\u00e7oit la plainte.<\/p>\n<p>Fermant la nuit, l\u2019\u00e9tau clos est fixe, bloc de m\u00e9tal joint, les crocs serr\u00e9s.<br \/>\nRoche s\u2019approche et commence \u00e0 le desserrer.<br \/>\nLe jour para\u00eet peu \u00e0 peu. La mar\u00e9e d\u00e9couvre les \u00e9tocs.<br \/>\nDans la for\u00eat, les troncs verticaux, \u00e9quiens, attendent la lumi\u00e8re<br \/>\nqui r\u00e9animera d\u2019abord leurs feuilles minces.<br \/>\nMais ils sont inquiets : quand la scie, quand la hache,<br \/>\n\u00e0 coups de crocs, les feront blocs et stock,<br \/>\npas plus vivants que le roc et l\u2019\u00e9toc ?<\/p>\n<p>L\u2019homme est un croc pour l\u2019arbre, c\u2019est le terme ad hoc !<\/p>\n<p>Accroc, rupture, dure. Appogiature.<br \/>\nLa respiration de la terre est \u00e0 terre, termin\u00e9e.<br \/>\n<em>M\u00fcsik im bauch.<\/em><br \/>\nIl faudra recommencer \u00e9ternellement, \u00e0 partir de la mousse,<br \/>\no\u00f9 germera la graine,<br \/>\n\u00e0 reconstituer avec le temps, le manteau forestier.<br \/>\nLe jour passe vite et l\u2019\u00e9tau se referme.<br \/>\nRoche pourvoit son ombre et la nuit enveloppe tout.<br \/>\nSouches au sol, troncs longs, brindilles, perches.<br \/>\nLe p\u00eacheur a lanc\u00e9 son carrelet.<br \/>\nIl fiche en terre la perche du stockfish.<br \/>\nLe filet doit \u00eatre sans accroc, sous l\u2019\u00e9cume, espace clos ;<br \/>\nalors il capture en bloc,<br \/>\nsoles, perches de mer, raies, lieues et plies.<br \/>\nTout un stock de poissons poisseux.<br \/>\nPerch\u00e9 sur son roc, le p\u00eacheur scrute les rets qui reviennent.<br \/>\nCar les rets ne sont plus \u00e0 cent lieues.<br \/>\nSon \u0153il bleu per\u00e7oit, d\u00e9nombre les surnageants, \u00e9valuant le reste.<br \/>\nIl prend son croc pour tirer la masse grouillante sur le rivage.<br \/>\nIl ouvre le carrelet, en d\u00e9fait les plis, trie la mar\u00e9e au sol.<br \/>\nBombe ! Les bras lui en tombent !<br \/>\nUn banc de harengs ! Que des harengs ! Hilarant ! Marrant !<\/p>\n<p>L\u2019homme est un loup de mer pour l\u2019homme, pense-t-il,<br \/>\nc\u2019est le terme haddock !<\/p>\n<p><strong>mot de base  :<\/strong> bloc<br \/>\n<strong>phase pr\u00e9paratoire et d\u2019\u00e9criture :<\/strong>\tL. Berio, <em>Circles \/ Sequenza I III V<\/em> ; K.-H. Stockhausen, <em>Klavierst\u00fccke<\/em><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3>8. \u00c9trange<\/h3>\n<p>  J\u2019ai pens\u00e9 raconter l\u2019histoire d\u2019un ange raciste qui suit les races \u00e0 la trace. C\u2019est la trame du drame. Il prend l\u2019\u00e2me des races, partout, en rase campagne, partout, sur l\u2019eau en suivant les traces des rames. Lui ne fait pas de trace de pas, car l\u2019ange l\u00e9vite.<br \/>\n  Il a ainsi au fil de ses campagnes ramass\u00e9 une masse de races. Il a m\u00eame des thraces qu\u2019il a laiss\u00e9s avec les autres races, en m\u00e9lange dans le haras o\u00f9 il les entasse. Et dans le haras des races, les \u00e2mes errent, alors que l\u2019ange, lui, se r\u00e9jouit, il entre en transe devant son tas de races, son tas d\u2019\u00e2mes.<br \/>\n  Mais parfois l\u2019ange est inquiet : aurait-il perdu la trace d\u2019une race ou de son \u00e2me ? Alors il classe ses races, il les place face \u00e0 face, les trie, puis, insatisfait, les brasse, et les replace, les reclasse \u00e0 l\u2019infini. A peine class\u00e9es, et d\u00e8s que l\u2019ange est rass\u00e9r\u00e9n\u00e9, d\u00e8s qu\u2019il a les ailes tourn\u00e9es (il part en chasse \u00e0 la race), les \u00e2mes errent aussit\u00f4t, leurs pas se m\u00ealent et les races s\u2019amalgament.<br \/>\n  Car l\u2019ange n\u2019a rien compris : les races n\u2019existent pas, seules les \u00e2mes des hommes existent. Mais l\u2019ange est un chasseur et un classeur. Il a besoin de races pour \u00eatre ange. \u00c9trange. La transe de l\u2019ange passe par la chasse \u00e0 la race ? Pour justifier le statut d\u2019ange gardien de races !<\/p>\n<p>  Dans le haras, les \u00e2mes divaguent sans arr\u00eat. Mais un jour, par inadvertance, elles passent par un autre stade d\u2019errance. Plus d\u2019errance de masse, une errance organis\u00e9e, solidaire. Une v\u00e9ritable \u00ab co-errance \u00bb. Alors les \u00e2mes s\u2019amassent, se rassemblent et s\u2019\u00e9branlent par vagues d\u2019\u00e2mes, par files, par rames d\u2019\u00e2mes. Elles entrent en transe et s\u2019entassent contre les barres du haras. Et, patatras ! Les barres cassent sous la masse. Et les \u00e2mes se barrent du haras, elles d\u00e9barrassent le plancher du haras, elles tracent !<br \/>\n  L\u2019ange, rentrant de la chasse, place \u00e0 la h\u00e2te ses races dans son haras. Mais, par Horace ! s\u2019\u00e9crie-t-il, terrass\u00e9 sur sa terrasse : o\u00f9 sont mes races, j\u2019ai perdu toute trace de mes races, quelle poisse ! J\u2019aurai d\u00fb amarrer les \u00e2mes des races aux barres du haras ! Et l\u2019ange gardien de races est triste : il erre comme une \u00e2me en peine, il est en plein marasme.<br \/>\n  Cette histoire n\u2019est pas triste. Car, vous l\u2019avez compris, cet ange est un rapace, un vautour-pape-race ; il n\u2019a que ce qu\u2019il m\u00e9rite. Harass\u00e9, sans haras et sans races, l\u2019ange perd le go\u00fbt de la chasse \u00e0 la race, ce qui met l\u2019ange en d\u00e9ch\u00e9ance, en \u00ab d\u00e9s-errance \u00bb. Il est d\u00e9chu, tr\u00e8s d\u00e9chu, tellement d\u00e9chu qu\u2019il tr\u00e9passe.<br \/>\n  Alors les \u00e2mes retrouvent leurs places dans le c\u0153ur des hommes ; elles se d\u00e9lassent, se pr\u00e9lassent, occupent l\u2019espace. Et lorsqu\u2019une \u00e2me passe pr\u00e8s d\u2019une autre \u00e2me, elles se parlent \u00e0 voix basse : \u201c \u00c7a change sans ange ! Pas de d\u00e9rangement ! C\u2019est la classe, sans chasse ! Pas d\u2019angoisse ! Mais l\u2019ange, qu\u2019a-t-il ? Malade ? Une angine ? Ou aurait-il fini sa vie d\u2019ange ? Sa vie de chasseur ! De pr\u00e9dateur ! D\u2019emprisonneur ! De destructeur ! Une vie sans \u00e2me ! Quelle vie, \u00eatre ange ! \u201d.<\/p>\n<p><strong>mot de base  :<\/strong> trace<br \/>\n<strong>phase pr\u00e9paratoire et d\u2019\u00e9criture :<\/strong> A. Webern, nombreuses \u0153uvres ; d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Jacques Pr\u00e9vert<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3>9. La lune fauve (de Laure l\u2019ocre)<\/h3>\n<p>Ce soir la lune est ovale. En fait, il s\u2019agit d\u2019un faux-ovale car c\u2019est une \u00e9clipse qui redessine son pourtour, lui donnant un visage fauve, ovale. Dans la garrigue, le buisson tremble au passage de Daphn\u00e9 ; ses rameaux longs partant en boule sont flexibles, ils portent \u00e0 leur sommet des t\u00eates de fleurs odorantes, suaves, d\u2019un blanc laiteux, lunaire. On l\u2019appelle le garou.<br \/>\nDaphn\u00e9 presse le pas. Il faut que l\u2019empreinte soit pr\u00eate \u00e0 temps. Une empreinte peinte avec la main plaqu\u00e9e sur la roche et l\u2019ocre m\u00e2ch\u00e9e projet\u00e9e par la bouche.<br \/>\nPossession. Symbole de possession.<br \/>\nLaure arrive par l\u2019autre versant de la colline. Le promontoire calcaire est ici naturellement d\u00e9gag\u00e9 en une plate-forme rocheuse o\u00f9 est \u00e9rig\u00e9 le dolmen. Laure fera aussi une empreinte, mais une empreinte noire, avec du charbon de bois. Elle acc\u00e9l\u00e8re sa marche, se moquant des \u00e9gratignures des buissons agressifs de la garrigue. Elle veut \u00e9galement \u00eatre l\u00e0 \u00e0 temps. L\u2019\u00e9clipse se prolonge et les deux jeunes femmes sont d\u00e9sormais en vue du dolmen. Elles se voient au loin et se rejoignent. Elles s\u2019approchent lentement l\u2019une de l\u2019autre. Puis, elles s\u2019embrassent longuement sur la bouche. Rite ? Amour lesbien ? Pr\u00e9parent-elles la s\u00e9ance de peinture souffl\u00e9e ? Leur baiser se prolonge, les ombres s\u2019allongent.<br \/>\nLes voil\u00e0 nues. Le rite continue. Elles ouvrent les petites outres de cuir qu\u2019elles ont emport\u00e9es ; elles contiennent la teinte. Daphn\u00e9 prend dans sa bouche l\u2019ocre et la m\u00e2chonne. Elles grimpent toutes les deux sur le dolmen. Et les voil\u00e0 sur la pierre, nues, agenouill\u00e9es, face \u00e0 face, les paumes bien \u00e0 plat sur la roche. Laure s\u2019est \u00e9tir\u00e9e, tendant bien ses bras et appliquant plus encore ses mains sur le dolmen. Daphn\u00e9 crache alors, elle crache de toutes ses forces sur les mains de Laure l\u2019ocre en bouillie. On voit son ventre se crisper sous l\u2019effort, car la teinte doit \u00eatre projet\u00e9e avec \u00e9nergie. Souffle ocre ! Boue ocre orale !<br \/>\nDaphn\u00e9 a termin\u00e9. Les deux femmes rel\u00e8vent leur buste, et dans la garrigue, attir\u00e9s, les loups approchent.<br \/>\nElles doivent faire vite et ne prennent pas le temps de regarder la lune ovale.<br \/>\nElles intervertissent les r\u00f4les.<br \/>\nC\u2019est maintenant Daphn\u00e9 qui, \u00e0 genoux, \u00e9tend ses mains vers l\u2019avant et les appuie le plus qu\u2019elle peut sur la surface.<br \/>\nEt Laure crache du noir. Elle prend une longue inspiration, une v\u00e9ritable inspiration d\u2019artiste, son torse se gonfle sous l\u2019effort, les c\u00f4tes apparaissent et se jetant violemment vers le bas, presque comme quelqu\u2019un qui vomit, elle projette le charbon m\u00e2ch\u00e9 et mouill\u00e9 sur les mains de Daphn\u00e9. Souffle noir ! Noir oral !<br \/>\nDans cette \u00e9ructation sym\u00e9trique, on dirait que la terre d\u2019ocre et le charbon sortent des jeunes femmes m\u00eame, d\u2019elles-m\u00eames, qu\u2019ocre et charbon sont leur mati\u00e8re constituante, et non la chair.<br \/>\nA peine descendues du dolmen, les loups sont sur elles, les mordent \u00e0 la gorge, les d\u00e9chirent, les d\u00e9chiqu\u00e8tent, les mettent en pi\u00e8ces sanglantes. La horde est satisfaite. Daphn\u00e9 et Laure n\u2019ont pas cri\u00e9. Rien. Rien qu\u2019un rictus \u00e0 la l\u00e8vre de chacune.<br \/>\nLes loups tra\u00eenent. Le pays n\u2019a pas de hy\u00e8nes, seulement quelques vautours, mais ils ne sont pas l\u00e0. Les loups ont le temps. Ils terminent tranquillement leur festin puis repartent, lourds, le ventre plein, vuln\u00e9rables, piteux, ayant accompli leur fonction carnassi\u00e8re.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s du dolmen, deux points peu distants.<br \/>\nLa roche calcaire commence \u00e0 y changer de teinte. Elle se colore d\u2019un halo rose, le calcaire rosit, et la lune toujours ovale est rousse. Puis bient\u00f4t la roche vire au rouge. La chaleur se r\u00e9pand, intenable. Des colonnes d\u2019air chaud s\u2019\u00e9l\u00e8vent, tournoyantes. C\u2019est le signe du magma qui remonte du ventre de la terre.<br \/>\nPr\u00e8s du dolmen, en deux points peu distants, la roche est en fusion. Elle est liquide. Sur ces deux plages bouillonnantes se forment m\u00eame des vaguelettes de calcaire liquide.<br \/>\nDe cette matrice br\u00fblante, de ces entrailles fumantes, \u00e9mergent alors droites et dress\u00e9es, Laure et Daphn\u00e9, intactes, renaissant de la lave. Elles prennent appui sur le bord du puits de magma puis pied sur la roche ferme. Leurs corps se ressuient des gouttelettes de calcaire en fusion qui en tombant forment des galets et des petits cailloux arrondis.<br \/>\nElles s\u2019embrassent \u00e0 nouveau, encore embras\u00e9es et chaudes. Longuement. Puis, se tournant vers la garrigue, dos au dolmen, elles crachent des panaches de minuscules graines fauves. Leurs joues se resserrent et projettent les semences \u00e0 distance. Souffle fauve. Graines ovales, orales.<br \/>\nLes derni\u00e8res graines ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es. Elles se sont cach\u00e9es parmi la v\u00e9g\u00e9tation basse. Et sous la lumi\u00e8re lunaire voil\u00e9e, les graines tressaillent, elles remuent, germent, incapables de dormance. Les jeunes racines cherchent les interstices du sol et leurs tigelles se dressent d\u00e9j\u00e0. Leur croissance s\u2019acc\u00e9l\u00e8re. Les feuilles se d\u00e9ploient et les tiges deviennent des rameaux. Les buissons se ramifient en boule et les branches longues et flexibles portent \u00e0 leur sommet des bourgeons en attente.<br \/>\nLaure et Daphn\u00e9 cheminent de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. Elles posent un baiser furtif sur chaque bouquet de boutons qui \u00e9panouissent alors leurs fleurs lunaires, capiteuses.<br \/>\nAutour du dolmen, la colonie des garous s\u2019est ainsi agrandie. Leur feuillage mobile contraste avec le dolmen intraitable, sto\u00efque, inalt\u00e9rable. Sur sa pierre, les quatre empreintes de main sont s\u00e8ches, aur\u00e9ol\u00e9es de teintes.<br \/>\nPossession.<br \/>\nLaure et Daphn\u00e9 sont reparties rejoindre leur campement. Outre les mains d\u2019ocre et de charbon, il y a les empreintes des loups et de leur carnage. Et puis, \u00e0 peu de distance du dolmen, en deux endroits, quelques galets et petits cailloux ronds qui interpellent le promeneur comme le g\u00e9ologue : quel torrent, quel courant est venu jusqu\u2019ici les poser ?<\/p>\n<p><strong>mot de base  :<\/strong> empreinte<br \/>\n<strong>phase pr\u00e9paratoire et d\u2019\u00e9criture :<\/strong>\tG. LIGETI  concerto pour violoncelle et orchestre (1966)<\/p>\n<p><font size=\"1\"><br \/>\n<b><i>Cristaux de mots<\/i><\/b> : <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-01\/\"> partie 1 (texte 1-1)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-02\/\"> partie 2 (texte 1-2 et 2)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-03\/\">partie 3 (textes 3 et 4)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-04\/\">partie 4 (textes 5 et 6)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-05\/\">partie 5 (textes 7, 8 et 9)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-06\/\"> partie 6 (texte 10)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-07\/\">partie 7 (texte 11)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-08\/\">partie 8 (textes 12, 13, 14 et 15)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-09\/\">partie 9 (texte 16)<\/a>, <a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/charles-fort-vert-cristaux-de-mots-10\/\">partie 10 (textes 17)<\/a>.<br \/>\n<\/font><\/br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Charles Fort-Vert est botaniste, sp\u00e9cialiste impliqu\u00e9 dans le domaine du v\u00e9g\u00e9tal et de l\u2019environnement. 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