{"id":1955,"date":"2013-09-26T08:15:40","date_gmt":"2013-09-26T07:15:40","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=1955"},"modified":"2014-06-03T08:35:19","modified_gmt":"2014-06-03T07:35:19","slug":"jian-contrespaces-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/jian-contrespaces-01\/","title":{"rendered":"Jian \u2022 Contrespaces (de la r\u00e9manence) (1) \u2022 fr. 1-5"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Hors-Sol attaque la publication d&rsquo;un texte re\u00e7u il y a quelques mois (via r\u00e9seaux sociaux). L&rsquo;auteur explore ici les moyens d&rsquo;une r\u00e9volution, qu&rsquo;elle soit politique, \u00e9cologique, litt\u00e9raire, philosophique. Dense et ardu, ce texte exp\u00e9rimental est parfaitement stimulant.<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>A noter la participation de Fr\u00e9d\u00e9ric Dupr\u00e9 qui vient \u00ab\u00a0accompagner ces propositions de ses puissants dessins\u00a0\u00bb. On le retrouve sur son blog <a href=\"http:\/\/amelletos.unblog.fr\/\" target=\"_blank\">Le Griffonneur<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u2022 <strong>1<\/strong> \u2022 <a href=\"jian-contrespaces-02\">2<\/a> \u2022 <a href=\"jian-contrespaces-03\">3<\/a> \u2022 <a href=\"jian-contrespaces-04\">4<\/a> \u2022\u00a0<a href=\"jian-contrespaces-05\">5<\/a> \u2022 <a href=\"jian-contrespaces-06\">6<\/a> \u2022\u00a0<a href=\"jian-contrespaces-07\">7<\/a> \u2022<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/227031_145917142143249_6304619_n.jpg\" rel=\"lightbox[1955]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/227031_145917142143249_6304619_n-239x300.jpg\" alt=\"227031_145917142143249_6304619_n\" width=\"239\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2050\" \/><\/a><\/p>\n<p><font size=\"2\">\u00ab Nous sommes sans nouvelles de nos anc\u00eatres. Nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s ici- Sans nous conna\u00eetre nous nous rassemblons- nous \u00e9changeons nos souvenirs de guerre- nos plaies ne sont pas les m\u00eames elles se cicatrisent- nous ne sommes pas seuls \u00bb<br \/>\nM.Pleynet<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le \u00ab\u00a0Un\u00a0\u00bb est ce qui autorise le moins l\u2019union, f\u00fbt-ce avec l\u2019infiniment lointain, \u00e0 plus forte raison la remont\u00e9e et la confusion mystique\u00a0\u00bb<br \/>\nM.Blanchot<\/p>\n<p>A-t-on jamais rien vu d\u2019autre que des \u00e9nergies qui se condensent et des soleils qui se consument\u00a0? Avec, de temps, \u00e0 autre, r\u00e9v\u00e9lateurs sonores de ce tissage ininterrompu, sur lequel on a les yeux grands ouverts sans rien suffisamment y remarquer, un monde qui choit et s\u2019\u00e9teint, un astre qui soudain \u00e9clate.<br \/>\nF.Jullien<\/p>\n<p>\u00ab Lorsqu\u2019une voix ou une musique est interrompue soudain, on entend \u00e0 l\u2019instant m\u00eame autre chose, un mixte ou un entre-deux de silence et de bruits divers que le son recouvrait, mais dans cette autre chose on entend \u00e0 nouveau la voix ou la musique, devenues en quelque sorte la voix ou la musique de leur propre interruption : une sorte d\u2019\u00e9cho, mais qui ne r\u00e9p\u00e9terait pas ce dont il serait la r\u00e9verb\u00e9ration \u00bb<br \/>\nJ.-L. Nancy<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais si l\u2019ouvert devant nous n\u2019est pas le temps ni l\u2019avenir, qu\u2019est-il donc\u00a0?\u00a0\u00bb<br \/>\nP. Sloterdijk<\/font><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>Avertissement\u00a0:<\/strong> Autant le susurrer d\u2019embl\u00e9e,\u00a0 la langue pr\u00e9sente ici se veut exp\u00e9rimentale.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Nous partons d\u2019un monde d\u00e9vast\u00e9, parcourus de\u00a0 mots us\u00e9s contribuant \u00e0 le faire tenir. D\u2019o\u00f9 la maladroite tentative d\u2019op\u00e9rer des \u00e9carts de langage, qui tentent un tant soit peu d\u2019ouvrir le sens \u00e0 l\u2019inappropriable, en charriant de folles eaux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ici, comme ailleurs, il faut nous refaire une langue\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si la \u00ab\u00a0d\u00e9construction\u00a0\u00bb nous est encore vive, c\u2019est en de\u00e7\u00e0 de son affadissement cool, comme une mani\u00e8re de\u00a0donner du jeu aux assemblages vitrifi\u00e9s, pour laisser jouer entre les pi\u00e8ces un possible d\u2019o\u00f9 ceux-ci proc\u00e8dent mais que, par l\u00e0 m\u00eame, ils recouvrent.<\/p>\n<p>Gu\u00e9rir la langue bless\u00e9e, an\u00e9mi\u00e9e,\u00a0 en la rechargeant de significations nouvelles, \u00e9trang\u00e8res, barbares, en la revitalisant, en la r\u00e9\u00e9nergisant.<\/p>\n<p>Un vocabulaire se cherche, de nouvelles narrations \u00e9mergent.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons plus nous r\u00e9fugier dans un discours ant\u00e9diluvien pour parler cette contemporaine r\u00e9gion aphone.<\/p>\n<p>Cela peut agacer. Cela agacera. Nous ne pouvons faire autrement.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Le temps de la fin du monde commence.<\/p>\n<p>Et ce commencement de la fin\u2026 ne fait que commencer.<\/p>\n<p>Contre l\u2019hyst\u00e9rie chronologique du capital, emprunter un temps qui nous manque, dans la nuit des temps, dans la nuit canine\u00a0: soit ce qui vient apr\u00e8s la fin de l\u2019Histoire. Un temps qui ne soit plus corset\u00e9 d\u2019avance par sa lin\u00e9arit\u00e9, son irr\u00e9versibilit\u00e9 ou sa finalit\u00e9.<\/p>\n<p>Une chronolyse, un souffle qui\u00a0 \u00e9chapperait au r\u00e9gime de la dette ou du donn\u00e9, de l\u2019emprunt ou du rachat.\u00a0 Espacement plut\u00f4t que d\u00e9passement<\/p>\n<p>Un espace d\u2019extr\u00eame faveur, simplement, dans le vif, de nouvelles partitions.<\/p>\n<p>A la limite du mythe, un passage. Une offrande. De la jointure, le jeu d\u2019une ouverture.<\/p>\n<p>Faire correspondre l\u2019\u00e9chec de tout un mode de vie avec la fin d\u2019un temps, mais sans doute aussi avec la fin du temps. Entr\u00e9e dans quelque chose d\u2019autre que l\u2019Histoire.\u00a0 Par de multiples canaux, en de myst\u00e9rieux sentiers n\u00e9og\u00e8nes.<\/p>\n<p>Un grand \u00e9cart, un long d\u00e9tour que nous sommes, o\u00f9 commencement et fin se rencontrent, dans la mansion terrestre. Fa\u00e7ons de relier le monde, et de s\u2019y attacher.<\/p>\n<p>Le en-commun qui <em>nous<\/em> partage<\/p>\n<p>(Im-manence du Monde, per-manence de la Terre)<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/386582_220921351309494_1953478868_n.jpg\" rel=\"lightbox[1955]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/386582_220921351309494_1953478868_n-300x217.jpg\" alt=\"386582_220921351309494_1953478868_n\" width=\"300\" height=\"217\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2049\" \/><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">1)<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">Des signes pressent, partout, tout le temps, \u00e9touff\u00e9s. Des bruits, des tremblements, des ravages de notre espace vital, notre lieu d\u2019\u00eatre, notre sol comme-un.<br \/>\nDe l\u2019ind\u00e9finissable, ces secousses appellent une m\u00e9moire et une langue, une s\u00e9miose. Biologique, g\u00e9ologique: des alertes, des surprises d\u2019inconscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Ce monde est malade de conscience, malheureuse, aplanie, privatis\u00e9e, planante. Percevoir, recevoir ces signes qui transitent les sens, nous branchant aux courants de fond qui travaillent la Terre et son habitation. Im\/expressions. D\u00e9cider en cons\u00e9quence, <em>en effets<\/em>, loin de toute volont\u00e9 volontariste. Un grand bricolage, ou une nouvelle alliance.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Hors d\u2019une logique du choc ou de la transgression, con-cevoir une r\u00e9volution.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">2)<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">D\u2019in\u00e9dits plissements font corps, de nouvelles affections. Des signes sont capt\u00e9s, dans un monde largement d\u00e9saffect\u00e9, entre la prison et le chaos. Ils demandent des r\u00e9ponses bien en de\u00e7\u00e0 de toute question. Le mot\u00a0 m\u00eame de \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb est us\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la corde. Disons\u00a0: d\u2019exception.\u00a0 A m\u00eame ce d\u00e9but de la fin, guetter l\u2019occasion polychronique, comme cette rencontre pr\u00e9caire entre des germes en dormance et l\u2019atmosph\u00e8re ambiante. Une \u00e9nergie cin\u00e9thique, dans l\u2019ordre intensif. Un tiers-inclus op\u00e9rant d\u2019autres relations-avec, d\u2019autres pactes ou cooptations.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">3)<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">Cette mn\u00e9sie consiste \u00e0 oublier activement l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0histoire des vainqueurs\u00a0\u00bb et \u00e0 l\u2019anhumaniser. Raccorder les canaux du pass\u00e9 le plus refoul\u00e9 avec ceux qui remettent le monde en circuit, en en redistribuant le sens et l\u2019insens\u00e9. Ouvrir une p\u00e9ri-ode, une odyss\u00e9e nouvelle\u00a0: prendre la vitesse de l\u2019Histoire et, la devan\u00e7ant, annoncer par nos tourbillonnements anastrophiques les grands cataclysmes qui viennent (qui sont donc d\u00e9j\u00e0 l\u00e0\u00a0: <em>cata<\/em>strophes).<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">B\u00e9ance active, vacance, laisser-\u00eatre ouvrant le branle aux formes-de-vie par ses tours, d\u00e9tours et retours multiples. A l\u2019instar des motions\u00a0 cardiaques\u00a0: systoles- diastoles marquant par leur rythme le caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire de l\u2019existence.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">4)<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">On nous dit que tout circule, mais la stagnation est patente\u00a0: univers carc\u00e9ral, claustration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, inconscient verrouill\u00e9, s\u00e9questration totalitaire, pure captivit\u00e9, r\u00e9clusion de chaque instant et en tout lieu : plus d\u2019Eden ni d\u2019\u00eele miraculeuse,\u00a0 plus d\u2019ailleurs ni de lendemains qui chantent.\u00a0 On a marginalis\u00e9 l\u2019espace m\u00eame de notre vouloir vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Il s\u2019agit bien de se r\u00e9approprier les fluctuations secr\u00e8tes qui circulent encore quand tout semble arr\u00eat\u00e9, dans l\u2019agitation perp\u00e9tuelle. Que l\u2019effet offensif de notre refus ne surplombe pas sa vivacit\u00e9 fabulatrice.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">5)<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">Contre la distance critique, notre d\u00e9cision vient de et dans l\u2019extr\u00eame proximit\u00e9 distale.<br \/>\nLa Critique de ce monde par les\u00a0 asociaux int\u00e9gr\u00e9s que nous sommes nourrit la capacit\u00e9 \u00e0 y stagner : radicalement h\u00e9t\u00e9ronomes, pratiquement, \u00e0 la mesure m\u00eame de notre autonomie id\u00e9alis\u00e9e.<br \/>\nIndividu mytheux, communaut\u00e9 hypnotique.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Diff\u00e9remment et apr\u00e8s la d\u00e9construction de telles abstractions, il est question de reconfigurer un sensible en bataille, en discord perp\u00e9tuel. C&rsquo;est-\u00e0-dire de nous attaquer pratiquement \u00e0 l&rsquo;atteinte des conditions de possibilit\u00e9s de la vie m\u00eame, \u00e0 sa capacit\u00e9 d&rsquo;alt\u00e9ration.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Il est ici question du \u00ab subtil \u00bb, de la vie qui passe entre les mailles du filet. Une pratique de l\u2019insauvable, le nom d\u2019un silence dont personne ne peut reproduire l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hors-Sol attaque la publication d&rsquo;un texte re\u00e7u il y a quelques mois (via r\u00e9seaux sociaux). L&rsquo;auteur explore ici les moyens d&rsquo;une r\u00e9volution, qu&rsquo;elle soit politique, \u00e9cologique, litt\u00e9raire, philosophique. Dense et ardu, ce texte exp\u00e9rimental est parfaitement stimulant. A noter la participation de Fr\u00e9d\u00e9ric Dupr\u00e9 qui vient \u00ab\u00a0accompagner ces propositions de ses puissants dessins\u00a0\u00bb. 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