{"id":1602,"date":"2013-04-22T07:01:48","date_gmt":"2013-04-22T06:01:48","guid":{"rendered":"http:\/\/hors-sol.net\/revue\/?p=1602"},"modified":"2013-04-22T09:04:10","modified_gmt":"2013-04-22T08:04:10","slug":"christophe-caille-la-promesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hors-sol.net\/revue\/christophe-caille-la-promesse\/","title":{"rendered":"Christophe Caill\u00e9 \u2022 La promesse"},"content":{"rendered":"<p>Depuis le d\u00e9but je vois Instin comme un fant\u00f4me. Le fant\u00f4me de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Hinstin est mort \u00e0 l\u2019aube du si\u00e8cle dernier et depuis Instin erre dans les all\u00e9es de la Cr\u00e9ation, se faisant conna\u00eetre de quiconque voulant aller au-del\u00e0 des apparences, l\u00e0 o\u00f9 le commun des mortels ne voit que du feu, dans ce cercle \u00e0 la fois sacr\u00e9 et sacril\u00e8ge d\u2019o\u00f9 les cr\u00e9ateurs \u2014 comme pour le remercier de leur \u00eatre apparu \u2014 tentent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de le faire voir, de le faire r\u00e9appara\u00eetre, de lui donner droit de cit\u00e9, d\u2019offrir en somme une \u00e2me \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Sans doute en ce milieu des ann\u00e9es 80 Instin \u00e9tait-il derri\u00e8re moi mais je ne le voyais pas encore. Je n\u2019\u00e9tais pas du genre \u00e0 me retourner, on me disait t\u00eatu et obstin\u00e9. Ils pouvaient \u00eatre mille contre moi, je gardais ma pens\u00e9e. Bien s\u00fbr je m\u2019examinais, je t\u00e2chais de comprendre pourquoi les mille avaient de tout autres pens\u00e9es. Mais si toujours je croyais \u00eatre dans le vrai, alors il n\u2019y avait plus rien \u00e0 faire, personne alors ne pouvait me faire entendre raison. T\u00eatu, peut-\u00eatre, mais pour moi c\u2019\u00e9tait une forme de r\u00e9sistance. J\u2019agissais en mon \u00e2me et conscience. Ma pens\u00e9e m\u2019appartenait, j\u2019en \u00e9tais le seul responsable.<\/p>\n<p>Instin se tenait donc derri\u00e8re moi et, se rappelant soudain qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral, me poussa brusquement dans les bras de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce que je fus alors, on le nommait appel\u00e9. Appel\u00e9 : on a soi-disant besoin de toi et une voix alors prononce ton nom. C\u2019est une esp\u00e8ce qui a disparu, qui d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait en voie de disparition. Dans mon entourage il n\u2019y a pas grand monde \u00e0 avoir fait l\u2019arm\u00e9e et les quelques cas \u00e9taient du type \u00ab planqu\u00e9s \u00bb. Moi, je me suis retrouv\u00e9 dans un camp semi-disciplinaire.<\/p>\n<p>Quand je dis \u00ab je me suis retrouv\u00e9 \u00bb, c\u2019est ma faute, j\u2019ai r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel. Au psychiatre qui me posait la question, j\u2019ai r\u00e9pondu \u00ab oui, je veux faire l\u2019arm\u00e9e \u00bb. M\u00eame \u00e0 eux \u00e7a ne paraissait pas \u00e9vident. J\u2019\u00e9tais alors au milieu de mes \u00e9tudes de sociologie et c\u2019est probablement pour cette raison qu\u2019ils m\u2019ont convoqu\u00e9 chez ce psychiatre que je n\u2019avais pas demand\u00e9. Ce dernier a d\u00fb se dire : \u00ab Ok, si tu veux faire l\u2019arm\u00e9e\u2026 \u00bb, et je me suis retrouv\u00e9 loin de Nantes, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re belge, dans une sorte de bout du monde, un no man\u2019s land id\u00e9al pour jouer \u00e0 la petite guerre. Camp de Sissonne, c\u2019est le nom de l\u2019endroit. Qu\u2019y avait-il dans la voix pour que je r\u00e9ponde \u00e0 l\u2019appel ?<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre Instin. Tout ce que je sais, c\u2019est que la voix d\u2019Instin est persuasive. En r\u00e9alit\u00e9 je crois qu\u2019elle m\u2019a toujours guid\u00e9 et je sais maintenant pourquoi je suis all\u00e9 \u00e0 Sissonne.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il  y avait sans doute le d\u00e9sir de me mettre moi-m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, sans doute aussi la volont\u00e9 de ne pas \u00e9chapper \u00e0 la loi commune. J\u2019\u00e9tais un intellectuel mais je n\u2019\u00e9tais pas que \u00e7a. Et puis, j\u2019avais le go\u00fbt des exp\u00e9riences. J\u2019avais s\u00fbrement envie de voir comment j\u2019allais r\u00e9agir, pr\u00e9cipit\u00e9 dans une situation extr\u00eame pour moi, tout \u00e0 fait en dehors de mon univers. Je n\u2019avais jamais touch\u00e9 \u00e0 une arme, je n\u2019allais pas voir les films de guerre et j\u2019ai tr\u00e8s peu jou\u00e9 aux petits soldats. Je me souviens que mon p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9sempar\u00e9.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re avait fait la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Il n\u2019en parlait jamais et je ne lui ai jamais rien demand\u00e9. Mais il savait que l\u2019infanterie, c\u2019\u00e9tait le pire que je pouvais demander.<\/p>\n<p>Un camp n\u2019est pas une caserne. Quand le jour s\u2019enfuit, vous ne pouvez pas en sortir. Vous le faites une fois pour marcher jusqu\u2019au village mais vous ne le faites pas deux fois. Il n\u2019y a rien \u00e0 voir et il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Moi qui jusqu\u2019\u00e0 ce jour ignorais l\u2019ennui, j\u2019ai fait connaissance avec ce vide qui parfois s\u2019installe entre nous et notre pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Rassurez-vous, je ne vais pas ici raconter de l\u2019arm\u00e9e toute mon exp\u00e9rience. Instin veille sur moi. Je le sens qui m\u2019oblige \u00e0 ne pas perdre de vue le but mais je connais ses faiblesses et je sais ce qu\u2019il aime. Il appr\u00e9cie les chemins d\u00e9tourn\u00e9s et le m\u00e9lange des genres, le d\u00e9calage, le visage qui ne correspond pas \u00e0 la voix. En outre, pour que le lecteur soit susceptible de comprendre toute l\u2019ironie de l\u2019histoire, il faut bien que je plante le d\u00e9cor et que je d\u00e9crive un peu l\u2019ambiance.<br \/>\nJe n\u2019avais jamais vu de ciel si bas, si lourd, pesant tout \u00e0 fait comme un couvercle. Et l\u2019hiver fut rude comme je n\u2019en ai pas connu depuis. <\/p>\n<p>Mais je fus \u00ab planqu\u00e9 \u00bb \u00e0 ma mani\u00e8re : ils avaient besoin de radios, \u00e0 l\u2019issue des classes j\u2019entrai dans le service Transmissions. L\u00e0, j\u2019appris un nouveau langage, celui des ti (grosso modo l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une noire) et des ta (l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une blanche). Je savais \u2014 et je sais encore en partie \u2014 l\u2019alphabet qui va d\u2019Alpha (tita) \u00e0 Zoulou (tatatiti). Je savais traduire la musique en messages que l\u2019on transmettait aussit\u00f4t aux instances sup\u00e9rieures. Nous \u00e9tions surtout utiles quand il s\u2019agissait de jouer \u00e0 la guerre. Par exemple, on passait le message \u00ab un gaz toxique avance sur nous \u00bb, et si, peu apr\u00e8s, le colonel nous surprenait sans masque, on devait aussit\u00f4t s\u2019allonger et jouer les morts. Voil\u00e0 \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 quoi je servais. J\u2019ai du mal \u00e0 imaginer ce qu\u2019il en aurait \u00e9t\u00e9 en temps de guerre.<\/p>\n<p>Nous d\u00eenions vers six heures, ensuite on occupait comme on pouvait la soir\u00e9e. Notre adjudant, rondouillard et d\u00e9brouillard, avait r\u00e9ussi \u00e0 fourguer aux gars d\u2019avant une t\u00e9l\u00e9 \u2014 objet exceptionnel \u2014 ce qui fait que notre chambr\u00e9e \u00e9tait de loin la moins tranquille et la plus visit\u00e9e. Par un fait expr\u00e8s mon lit superpos\u00e9 \u00e9tait au niveau de la t\u00e9l\u00e9 pos\u00e9e sur une armoire m\u00e9tallique. J\u2019avais donc la t\u00eate tout contre et pourtant je lisais ; dans le brouhaha je parvenais \u00e0 comprendre ce que je lisais car ce que je lisais m\u2019aidait \u00e0 r\u00e9sister. Je me suis ainsi nourri de tous les essais de Montaigne ; ses le\u00e7ons de sto\u00efcisme m\u2019\u00e9taient hautement profitables tandis que me parvenaient les \u00e9chos de <em>Santa Barbara<\/em>.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais diff\u00e9rent mais j\u2019avais ma place dans le groupe. Quand il le fallait je savais boire ma quinzaine de bi\u00e8res. Je pourrais vivre dans n\u2019importe quelle communaut\u00e9 du moment qu\u2019on accepte que par quelque c\u00f4t\u00e9 je m\u2019\u00e9chappe. Je joue toujours le jeu mais je ne le joue jamais jusqu\u2019au bout. On peut appeler cela de la r\u00e9serve.<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert l\u00e0-bas un monde que je ne connaissais pas, j\u2019ai rencontr\u00e9 des gars inimaginables. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai appris que j\u2019\u00e9tais un privil\u00e9gi\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai compris \u00e0 quel point l\u2019intelligence \u00e9tait l\u2019arme la plus redoutable. C\u2019est s\u00fbr, il faut bien se d\u00e9fendre, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre il faut bien se faire respecter. Mais quel est-il, celui qui abuse de son intelligence, quel est-il, celui qui manipule les autres \u00e0 seule fin \u2014 pense-t-il \u2014 de s\u2019en tirer ? Un ma\u00eetre de marionnettes ?<\/p>\n<p>Est-ce une marionnette, l\u2019\u00eatre de chair et de sang qui dit ce qu\u2019on veut lui faire dire et qui agit comme on l\u2019entend ? Que devient dans les mains de l\u2019\u00e9crivain celui dont maintenant il me faut parler, celui qui a voulu que j\u2019en parle, celui que j\u2019esp\u00e8re ne pas avoir manipul\u00e9, celui que malgr\u00e9 tout maintenant je manipule, celui qui dans ma m\u00e9moire est d\u00e9sormais r\u00e9duit au r\u00f4le de passeur, au seul r\u00f4le qu\u2019il ait jamais jou\u00e9 dans ma propre vie qui dans la r\u00e9alit\u00e9 est la seule qui compte, la seule que je ne peux trahir puisque c\u2019est ma r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n<p>Puisqu\u2019il faut y aller, je vais aller tout de suite \u00e0 la caricature. Ce gar\u00e7on, c\u2019est Quasimodo. Quand j\u2019\u00e9cris \u00e7a, je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019exag\u00e9rer. Une brute au teint rougeaud, la face taill\u00e9e \u00e0 coups de poing, des mains \u00e9normes. L\u2019impression d\u2019une violence qui n\u2019est pas compl\u00e8tement parvenue \u00e0 rentrer et qui se lit dans tous les accidents du corps. B\u00eate mais au fond pas m\u00e9chant. Les sections combattantes n\u2019en ont pas voulu, il s\u2019est retrouv\u00e9 dans notre service comme homme \u00e0 tout faire alors qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Je ne sais plus son nom. Allons-y pour Quasimodo. Un Quasimodo aux petits yeux bleus et aux cheveux blonds.<\/p>\n<p>Nous allons voir ailleurs, nous faisons une vir\u00e9e au Larzac. Nous voyageons dans un VAB (v\u00e9hicule de l\u2019avant blind\u00e9). Nous traversons des villes. Par les petites lucarnes du fond j\u2019aper\u00e7ois des gens qui sont libres.<\/p>\n<p>Je ne sais pas ce qu\u2019il lui prend \u2014 \u00e9nervement d\u00fb \u00e0 la promiscuit\u00e9, \u00e0 la claustrophobie ? \u2014 mais Quasimodo m\u2019envoie au visage un bout de pain bien sec. Il me fait mal et je renvoie le bout aussi sec. Branle-bas de combat. Heureusement les autres sont l\u00e0 et parviennent \u00e0 le calmer.<\/p>\n<p>Le soir m\u00eame ou le lendemain, je suis de garde. \u00c7a veut dire : veiller la nuit au cas o\u00f9 un message arriverait. Comme nous ne sommes pas assez de radios, on nous adjoint \u00e0 chacun un conducteur qui toutes les quatre heures nous relaie. Si musique se fait entendre, il r\u00e9veille le radio qui dort. Moi, j\u2019\u00e9cope de Quasimodo.<\/p>\n<p>J\u2019aurais pu mal dormir mais en r\u00e9alit\u00e9 je crois que j\u2019ai tr\u00e8s bien dormi. Je n\u2019ai eu aucun mal pour le r\u00e9veiller et dans la situation inverse il fut la douceur m\u00eame. Au matin, il me dit ceci : \u00ab Promets-moi qu\u2019un jour tu me mettras dans un de tes livres, promets-moi que tu parleras de moi. \u00bb J\u2019ai promis. Je croyais que \u00e7a ne m\u2019engageait \u00e0 rien.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, autant que je m\u2019en souvienne, il n\u2019\u00e9tait pas du tout question que j\u2019\u00e9crive un jour. C\u2019\u00e9tait probablement l\u00e0 mais \u00e7a ne m\u2019\u00e9tait pas venu \u00e0 l\u2019esprit. Tout ce que Quasimodo avait vu, c\u2019\u00e9tait moi en train de lire, moi plong\u00e9 jusqu\u2019au cou dans les livres. Mon corps \u00e9tait l\u00e0 mais ma t\u00eate \u00e9tait ailleurs. Ma t\u00eate \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9e par les mots au point de les faire siens, de les amalgamer jusqu\u2019\u00e0 oublier leur origine, jusqu\u2019\u00e0 avoir l\u2019impression de les faire remonter du fond de ma propre pens\u00e9e. L\u2019\u00e9crivain n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019une sorte d\u2019intercesseur, le point d\u2019appel \u00e0 partir duquel je prenais mon \u00e9lan, sautant hors de la page pour finalement me retrouver au sein de ma r\u00e9alit\u00e9 \u2014 encore une fois la seule qui compte, la seule gr\u00e2ce \u00e0 qui je peux me rep\u00e9rer.<\/p>\n<p>En me regardant Instin devait sourire. Lui qui ne cessait d\u2019errer sur les franges, lui dont l\u2019existence relevait du passage d\u2019un monde \u00e0 un autre, lui qui avait pour mission l\u2019abolition des fronti\u00e8res, savait pertinemment que lire et \u00e9crire \u00e9taient une seule et m\u00eame chose. Ce qu\u2019il faut pour lire est ce qu\u2019il faut pour \u00e9crire. Bien s\u00fbr, lire vraiment, s\u2019investir, ne pas laisser sa propre personne \u00e0 la porte, et bien s\u00fbr, tout autant, \u00e9crire vraiment. Il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence. Juste une question de volont\u00e9, ou de patience, ou d\u2019inconscience\u2026<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, je ne comprenais pas. Pour s\u00fbr Instin devait sourire.<\/p>\n<p>Qu\u2019avais-je dans la t\u00eate \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2014 quand nous passions nos journ\u00e9es dans le hangar \u00e0 laver des v\u00e9hicules qui ne sortaient gu\u00e8re \u2014 qu\u2019avais-je dans la t\u00eate quand nous d\u00e9filions ba\u00efonnette au canon, mon \u0153il droit \u00e0 port\u00e9e de la ba\u00efonnette de mon voisin de droite qui avait du mal \u00e0 marcher au pas \u2014 pensais-je \u00e0 quelque chose quand vers quatre heures du matin je courais pour \u00eatre parmi les premiers \u00e0 sauter dans le camion, pour ne pas attendre dans le froid le retour de ce dernier, pour pouvoir \u00eatre au lit plus t\u00f4t \u2014 n\u2019avais-je pas la t\u00eate vide quand je transcrivais des messages dont le sens m\u2019\u00e9tait indiff\u00e9rent ?<\/p>\n<p>Je crois en effet que je suis sorti de l\u00e0 la t\u00eate vide. J\u2019ai poursuivi mes \u00e9tudes mais je n\u2019y croyais plus. Je ne croyais plus au jeu social, je ne comprenais plus l\u2019int\u00e9r\u00eat de faire de bonnes \u00e9tudes et d\u2019avoir un m\u00e9tier respectable. Je m\u2019\u00e9tais vid\u00e9 de cela. Malgr\u00e9 moi j\u2019\u00e9tais dans la situation de celui qui renonce \u00e0 la vie normale pour \u00eatre en mesure de recevoir Dieu. Il y a de quoi rigoler. Mais c\u2019est quand m\u00eame comme \u00e7a \u2014 \u00e0 cause dans ma vie de ce trou d\u2019un an par lequel mon envie de r\u00e9ussir avait d\u00e9gringol\u00e9 \u2014 que peu \u00e0 peu je me suis mis \u00e0 \u00e9crire, pour combler mon manque de croyance en la r\u00e9alit\u00e9 telle que d\u00e9sormais elle se proposait \u2014 une com\u00e9die <em>told by an idiot, signifying nothing<\/em>.<\/p>\n<p>Instin se penche sur moi, me sugg\u00e8re \u00e0 l\u2019oreille que j\u2019ai peut-\u00eatre exag\u00e9r\u00e9. Ti-ta-tititi-titi, titatiti-ti-tatitati-ta-ti-titita-titati, ta-titita-tita-tititita-tita-titi-tititi-ti-ta-ti-tata-tita-tati-titi-titatati-titita-titatiti-ti ? Mais au moins aujourd\u2019hui j\u2019ai tenu ma promesse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le d\u00e9but je vois Instin comme un fant\u00f4me. Le fant\u00f4me de la r\u00e9alit\u00e9. 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