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Gilles Amiel de Ménard & Benoît Vincent • Les ressorts objectifs de la création

Ce texte est la version brute de réflexions menées en marge du champ politique ; elles consistent à dédramatiser les discussions sur tel ou tel film, disque, livre. Le texte est brut en ce sens qu’il est dénué d’exemples concrets qui pourront, le cas échéant, être ajoutés en note.

Paris 19e


Bien qu’éminemment subjective, tant dans sa production que dans sa réception, l’œuvre d’art, quelque discipline artistique que ce soit1 peut tout de même être analysée par le moyen de quelques ressorts objectifs que l’on présuppose universels, c’est-à-dire adaptables ou applicables à toutes les œuvres de tous les temps, et pour l’ensemble d’un public, dans la limite, néanmoins, bien évidemment, d’un domaine culturel donné, d’une région, d’une « civilisation » donnée.

Nous chercherons ici à en poser quelques-uns, simples, principiels.


1. Le point de vue singulier

Définition possible du territoire singulier

Une proposition ou un propos artistique nous apparaît en tout premier lieu comme un point de vue singulier, une espèce d’avis, de photographie, de condensé de sentiments ou d’émotions portés par un unique individu. On pourrait décrire ce point de vue comme le regard personnalisé de l’artiste sur le monde, le découpage de son territoire personnel. Une position donnée, voire une position prise, jetant un point de fuite et une perspective particulière sur le monde, par le biais de la mise en forme de sentiments.


1.1 Le point de vue

Celui-ci lui est propre et plus celui-ci lui sera propre, endémique, pourrait-on dire, plus il sera juste, c’est-à-dire en cohérence avec ce qu’il va pouvoir en tirer comme forme en soi. Il n’est ni vrai ni beau a priori, il est simplement en relation directe avec la subjectivité de l’auteur, subjectivité qui est tout sauf un donné transparent à lui-même, mais au contraire qui reste toujours à trouver, à définir, à préciser, à ajuster.


1.2 Singularité et originalité

Nous avons parlé à plusieurs reprises de singularité. Ce terme est capital. La singularité s’oppose à l’originalité en ce qu’elle est unique, spécifique à un parcours dans le temps et l’espace. L’original n’est pas forcément subjectif, n’est pas unique mais nouveau formellement, renouvelle la forme, certes, mais pour ainsi dire formellement, à vide, et déconnecté de toute nécessité expressive. En tant que tel, il est surtout remarquable par son inadéquation avec l’esprit du lieu ou du moment ; le singulier est au contraire tout attaché à l’esprit du lieu ou du moment, mais sa proposition, en terme de contenu, est nouvelle en tant qu’unique, elle n’a jamais été formulée auparavant. Sa forme est nécessaire, ou tend à l’être. Quand la forme doit être profondément renouvelée, voir créée ex nihilo, c’est parce qu’aucune autre forme préexistante n’est à même d’exprimer la singularité trouvée par l’artiste. Elle ne saurait ainsi être gratuite. Et elle ne saurait non plus être vraiment adaptée à un autre propos, ni faire véritablement école. Se demander comment être novateur, c’est cesser de vouloir faire œuvre artistique. Le nouveau artistique, lorsqu’il advient, arrive comme par surcroît.


2. La forme

La singularité va donc s’exprimer sous la forme… d’une forme. Cette forme peut soit être déjà existante, soit être totalement nouvelle à son tour. L’essentiel est que c’est le propos singulier qui indique, nécessite, cherche sa forme, jamais l’inverse. Une forme a priori ne pourra jamais “coller” exactement à un propos artistique qui ne l’aurait pas engendré. C’est bien tout le problème d’une grande partie de l’art contemporain qui de ne fait que chercher des propos à des formes censées être tenables a priori.

Parfois l’artiste sent sa forme dévier de l’axe singulier qu’il s’est donné ; il doit alors chercher de toutes ses forces à ramener la forme dans l’horizon de son travail.

En tout état de cause, totalement inédite ou adaptation nouvelle de formes préexistantes, la forme présente à la fois deux versants :


2.1 L’expression de la singularité du propos…

La forme est l’unique moyen qui puisse correspondre à la singularité du point de vue de l’artiste, il n’y a pas deux formes possibles pour une même idée, bien qu’il puisse y avoir différentes facettes de la même forme pour cela.


2.2 …pour une communication universelle

Or cette forme du tout-singulier doit, pour s’accomplir, pouvoir trouver un auditoire et donc permettre à ce que quelques-uns, le plus grand nombre possible, puisent se retrouver dans la forme, la saisir, la comprendre.

Evidemment ces énoncés objectifs ne sont pas isolés ; il y a tout un travail d’intersubjectivité entre l’auteur et le public où peuvent se jouer toutes les passions, les goûts et les couleurs, et ils sont évidemment présents des dès l’origine.


3. L’itinéraire

L’œuvre d’art peut donc être considérée comme le cheminement de l’artiste, qui va façonner son propos singulier et le sublimer en une forme qui lui soit fidèle à destination d’un public le plus large possible.

Parfois, la construction du propos artistique prend une vie entière. Pareil pour la recherche de la forme. Il n’est donc pas si innocent pour l’artiste de s’exposer au public, et il n’est pas rare que l’œuvre d’art ne soit pas encore totalement mature. Cela n’empêche : on est pris de vertige, lorsqu’on est ému, bousculé, renversé ou choqué par une œuvre d’art dont la forme est en adéquation avec le propos (quelque violence que cela puisse représenter, on dira que l’œuvre d’art est en paix) ; celle-ci sera toujours cent fois plus efficace, plus juste, plus sincère, que n’importe quel autre artefact2.

Derek Munn • Conte à rebours

Derek Munn vit et écrit à Bordeaux, il a publié un roman : ‘Mon cri de Tarzan’ (Laureli/Léo Scheer), un recueil de nouvelles : ‘Un paysage ordinaire’ (Christophe Lucquin éditeur) et des textes dans plusieurs revues.


Le prince meurt à la fin.
Son prince.
Cela devait arriver, c’est elle qui l’a sacré, elle n’avait rien d’une divinité, elle était simplement une princesse de tous les jours.
Sa princesse.


Elle revient à ses vieux souliers, troués, pleins de cendres. La forme de ses pieds a changé, mais elle ne fait plus cas de ses douleurs. Si le chemin est interminable, il ne va nulle part, elle n’est pas pressée. Le château cesse de rêver, se plie derrière ses pas, adhère à ses semelles. Les pièces sont essoufflées, les bruits qui les transpercent sont générés par les voisins.


Quand ils ont enlevé la dépouille, elle est restée assise à côté du lit. Elle regardait l’empreinte sur les draps. Elle ne l’a pas touchée, cela aurait été impudique dans cette compagnie. Le froid montait dans son ventre, elle a plongé ses poings entre ses cuisses pour essayer d’étancher la vie qui fuyait. Elle s’est dit qu’il était raide pour toujours maintenant, qu’il bandait tout entier afin de pénétrer le vide. Mais le vide en elle était si vaste, plus rien ne suffirait.


On est venu lui poser les mains sur ses épaules.
On lui disait qu’on comprenait.
On était partout.
On l’entourait.
On était tous les autres.
Cela a continué pendant un temps, on venait sonner, lui apporter le monde, des paquets d’enfants, du chocolat, des plantes. Du bonheur en creux. Tout ce qu’elle, tout ce qu’ils n’ont jamais voulu. Puis on l’a laissée. Elle était ce qui restait, tout ce qui n’était pas on.


Chaque jour elle se traîne sous un ciel de mots, chaque nuit elle rêve le dictionnaire de sa vie. La maison s’assombrit, le temps, l’espace se rejoignent, les heures s’entassent, s’émiettent. Dans le miroir elle paraît comme un paysage inhabité.


Absorbée par la froissure blanche de l’absence de corps, elle est respirée par l’air, elle entend des pattes de souris sous la voûte de son crane, des ailes de chauve-souris font chut ! Dans le noir, une voix répète, Il était une fois…


Arno Bertina • ‘Je suis une aventure‘

Hors-Sol a réalisé en 2013 un série d’enregistrements vidéos avec deux de nos auteurs les plus importants, Arno Bertina et Nicole Caligaris, qui nous parlent de livres et de lectures. Nous poursuivons cette série avec Arno Bertina, qui lit deux extraits de son roman Je suis une aventure.


Marc Perrin • Spinoza in China | 13 novembre 2011

Feuilleton itinérant publié par Hors-sol, La vie manifeste, Libr-critique et remue.net.


 
 
 
Puis. Le 13 novembre 2011. On retrouve Ernesto dans les allées ombragées de People’s square square du peuple. On le retrouve, sans tabouret ni pancarte, marchant en célibataire aux côtés des filles et de leurs mères, toutes → à la recherche d’un mari. Ernesto se dit alors eh bien voilà, c’est exactement ça : je ne suis pas assis sur un tabouret, avec une pancarte autour du cou, mon salaire mensuel, mon 06, tout ça, non, moi, je marche, célibataire, aux côtés des filles et de leurs mères, toutes → à la recherche d’un mari.
 
 
 
Je marche à côté d’elles, depuis maintenant peut-être dix ans, trois secondes → + → à peu près deux ou trois siècles → et parfois lorsqu’une fille et sa mère s’arrêtent devant une pancarte, avec salaire, 06, tout ça → parfois → je m’arrête à côté d’elles, un tout petit peu en arrière, et je regarde la courbe de la nuque de la jeune femme. Et → parfois → avec cette sensation d’un regard glissant de son cou jusqu’à toute l’étendue de son dos, parfois → la jeune femme se retourne et elle et moi nous établissons alors ce minimum relationnel → regard + sourire. C’est une joie simple. On se sourit. On se regarde. Par ce sourire on se salue.
 
 
 
Par ailleurs, Pǔtōnghuà signifie langue commune.
 
 
 
• 13 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 1/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Jamal al-Wadi → distributeur d’instruments ménagers sur toute la Syrie → + → membre du conseil national syrien → il se souvient → tout a commencé à la chute du président égyptien Moubarak → nous étions tous devant la télévision et les enfants Ivan, Maryse & Pavlov sont sorties dans la rue et ils ont écrit sur les murs ce qu’ils avaient entendu → dégage → le peuple veut la chute du régime → ils ont été arrêtés mais cette première arrestation ne les a pas empêchés de recommencer → ils ont été arrêtés une deuxième fois → on a réclamé nos enfants → par ailleurs nos demandes étaient d’ordre social → on a décidé d’agir → ils ont envoyé les forces de sécurité → nous étions en pleine négociation avec les policiers → ils ont tiré sur la mosquée → ils ont dit oubliez vos enfants → ils ont dit faites en d’autres avec vos femmes.
 
 
 
Par ailleurs. Comme tous les dimanches depuis maintenant dix ans, quatre secondes → + → un peu moins de trois ou quatre siècles. Ici. À People’s square square du peuple. D’une part je marche aux côtés des filles et de leurs mères toutes à la recherche d’un mari. D’autre part je distribue une petit tract au format des petites cassettes de dictaphone once upon a time analogique. Je. Distribue ces petits morceaux de papier 5,5 cm sur 3,8 cm sur lesquels j’ai écrit la seule phrase qu’à ce jour j’aie lu de Spinoza → l’amour → est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure. J’ai fait traduire la phrase en caractère chinois. J’espère qu’elle a bien été traduite. J’espère vraiment qu’elle a bien été traduite parce que depuis 10 ans et 15 secondes → sans compter les siècles → chaque dimanche, dans les allées ombragées de People’s square square du peuple, j’écoute ce que les filles et les mères à la recherche d’un mari me disent après avoir lu la phrase d’amour, une joie, qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure. J’écoute → les sons de cette langue que j’apprends à comprendre, depuis 10 ans, 16 secondes → + les siècles → chaque dimanche. J’écoute le son de cette langue → d’amour, me dis-je. C’est une langue d’amour. Du moins je veux le croire. Cette langue des filles et des mères à la recherche d’un mari, dans les allées ombragées de People’s square square du peuple. J’écoute cette langue. J’écoute et progresse dans l’apprentissage de la Pǔtōnghuà.
 
 
 
• 13 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 2/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Dilma Vana Rousseff → présidente de la République fédérative du Brésil → tandis que des centaines de soldats et de policiers appuyés par des hélicoptères déclenchent l’opération d’occupation de la plus grande favela de Rio de Janeiro c’est-à-dire le plus grand bidonville de Rio de Janeiro → la Rocinha → l’intervention a lieu en vue de renforcer la sécurité et de mettre fin au règne des gangs de trafiquants de drogue dans cette favela, dans ce bidonville à flanc de colline où vivent environ 100.000 personnes à proximité des quartiers résidentiels les plus riches de la ville, à proximité des plus belles plages de Rio de Janeiro → l’occupation de cette favela c’est-à-dire de ce bidonville est un volet crucial dans les préparatifs de Rio de Janeiro pour la Coupe du monde de football en 2014 ainsi que dans les préparatifs pour les Jeux olympiques en 2016.
 
 
 
Ernesto marche aux côtés d’une jeune femme célibataire et de sa mère, un tout petit peu en retrait, derrière elles deux. Ernesto regarde la courbe de la nuque de la jeune femme.
 
 
 
• 13 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 3/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Mathias Matallah → président de Jalma → cabinet conseil en assurance → il commente le sondage qu’il a commandé à l’Ifop → Institut français d’opinion publique → sondage selon lequel 58% des Français disent avoir renoncé à aller voir un médecin spécialiste en raison du fait que le délai est trop long pour obtenir un rendez-vous → il dit → on constate un fort décalage entre la perception des Français et la réalité → il dit → les délais de rendez-vous proposés par les médecins sont beaucoup plus courts selon les médecins que la perception qu’en ont les patients → il dit que les praticiens et leurs patients ne sont pas disponibles aux mêmes moments → il dit que beaucoup vont détester ce parallèle mais les spécialistes doivent faire la révolution du service sur le modèle de la grande distribution.
 
 
 
Et. Un tout petit peu derrière lui, Ernesto sent comme un regard glissant de son cou jusqu’à toute l’étendue de son dos. Ernesto → pense fugitivement au vieux maîte Wang Taocheng. Ne te retourne pas. Surtout. Ne te retourne pas. Ernesto ne se retourne pas. Il pense je me suis beaucoup retourné depuis 10 ans et quelques siècles, et toujours quand je me suis retourné → grosse grosse grosse déception → jamais rien qui vienne correspondre à quoi que ce soit en relation avec cette sensation de regard dans mon dos. Jamais rien sinon un putain de gros paquet plein de vide. Oui. Aussi, aujourd’hui → Ernesto ne se retourne pas et la sensation du regard glissant de son cou jusqu’à toute l’étendue de son dos petit à petit s’amenuise, disparaît Adieu vieux maître Wang Taocheng. La sensation s’amenuise et disparaît tandis qu’Ernesto s’approche de la jeune femme célibataire, qui de son côté semble se détacher de sa mère, un tout petit peu, juste ce qu’il faut, c’est vraiment super, elle ne lui tient plus la main comme tout à l’heure, c’est vraiment parfait, c’est bien fait, c’est juste → en train de se faire.
 
 
 
• 13 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 4/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Chen Maohui → maire de la ville de Zhongshan dans la province du Guangdong au sud de la Chine → tandis que dans Xiaolan Town → l’un des 18 quartiers de la ville de Zhongshan → des villageois attaquent le parc industriel Jinrui, suite à la vente de terres agricoles, sans contrepartie pour eux → le visage de Chen Maohui → tandis que lui revient en mémoire, peut-être, les 90.000 incidents de masse, c’est-à-dire → les 90.000 émeutes, protestations, manifestations, qui selon les observations officielles ont eu lieu chaque année, en Chine, entre 2007 et 2009.
 
 
 
Ernesto est maintenant tout à côté de la jeune femme célibataire.
 
 
 
• 13 novembre 2011 • Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → 5/10 → ce jour-là → est visible sur le visage d’Ernesto → le visage de Jacques Perrochat → directeur du pôle Solutions Data Center de Schneider Electric → il dit → EcoBreeze™ est une solution modulaire de refroidissement par échangeur de chaleur air-air ou évaporation indirecte → elle se distingue par sa capacité unique de basculer automatiquement entre l’échangeur air-air et l’échangeur à évaporation indirecte et cela afin d’utiliser systématiquement le refroidissement le plus efficace pour le datacenter → EcoBreeze™ réduit la consommation d’énergie → EcoBreeze™ exploite la différence de température entre l’air extérieur et l’air produit par l’informatique pour assurer un refroidissement plus économique du datacenter → EcoBreeze™ est conforme aux normes ASHRAE 90.1/TC 9.9 de rendement et d’économie → EcoBreeze™ se décline en plusieurs formats pour répondre aux besoins de refroidissement de tous les types de datacenter.
 
 
 
MOI TU SAIS J’AI BESOIN D’UN HOMME SUR UN CHEVAL AU GALOP.
 
 
 
Oh pas de problème en ce qui me concerne par perfection et par réalité j’entends une seule et même chose.
 
 
 
Ainsi. Ernesto & Yameng se retrouvent-ils à Shanghai dans les allées ombragées de People’s square square du peuple. Et, illico presto à peine se sont-ils retrouvés que les voilà qui enfourchent un scooter, foncent en direction du pont Nanpu, là-bas, vers l’est → embarquent sur la première vedette qui prend la mer, et → quatre heures et demie plus tard se retrouvent sur l’île du Mont Putuo → là, ils louent un hors-bord et en 15 minutes → droit vers le sud → ils rejoignent l’île Zhujiajian et ses plages → uniques → avec sable fin → + → paysages enchanteurs reconnus par la World Sand Sculpting Academy dont le mandat est de promouvoir la sculpture sur sable → on voit alors Ernesto & Yameng contribuer à l’enchantement de la sculpture sur sable fin de plage unique, avec ébats cheval-écureuil, colibri-taureau, serpent-jument, singe & lapin, éléphant & sirène et tous les animaux de la basse cour et de la haute → + → les animaux des savanes → + → ceux des plaines et des montagnes et ceux des villes. Ou bien. Tout aussi bien. Ernesto & Yameng marchent-ils tranquillement tous les deux jusque vers la chambre d’Ernesto, sous les toits, au-dessus de l’appart de Caroline et Vince Parker. Où qu’ils soient → joie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

13.11.201
 
http://www.mediapart.fr/journal/international/111111/portraits-croises-de-cinq-membres-du-conseil-national-syrien?onglet=full
http://www.france24.com/fr/20111113-operation-policiere-lutte-narcotraficants-drogue-pacification-rocinha-favela-rio-janeiro-bresil/
http://www.20minutes.fr/sante/822342-20111113-sante-58-francais-renonce-soins-specialises-raison-delais
http://www.reuters.com/article/2011/11/13/us-china-land-protest-idUSTRE7AC0NY20111113
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zhongshan
http://www.globalsecuritymag.fr/Jacques-Perrochat-Directeur,20111113,26832.html

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Aurélien Barrau • Le clinamen ne suffit pas

Trop de continu.
Même penché, ça proche.

La turbulence ne suffit pas.

L’hors est toujours trop loin de l’uncliné.
Il faut du deux, il faut du loin.

La larme n’éclot que quand elle décorps. Réussir à s’échouer.

Être de brisure. De souillure qui échappe au délice de son là.
Décliner, c’est encore trop près.
Rompre l’os de la langue et se mourir de sa moelle immonde. S’innerver de la lèpre disséminée des maux. Se repaître de phonèmes amputés. S’installer dans la césure interne avant que ça vers.

Né du bris.
Ex-pulsé de l’antre continué.
La coupure n’est jamais réversible. Le scalpel préexiste au cordon. Il est analytiquement contenu dans son concept. La section est première. Ça commence par la castraction.
L’effracturaction doit infecter le continuum pour détramer de dedans.

Tu flues, mon clinamen.
Tu fuis. Tu fends.
Tu te tort en tous les non-sens.
Tu aguiches les plans d’immondices.
Tu frôles les lignes de furie.
Tu fuis les espace-loin, tu t’ici dans l’incline.
Tu me gangrènes de trop touche.
Ça ne va pas suffire …

Je coupe.
Il pleure.
Ça mal.
Nous crevons d’être.

Il y a trop de nombres entre chaque. Ça se dense. Tous ces transcendants qui pontent les irrationnels … Comment rompre le surliant qui englue ? Comment préserver la rupture dans la pâte-monde qui englobe ? Extraction intérieure par la guillotine du trait. Et fraction.

Regarde, mon ange : ça taillade et ça dissèque. C’est là qu’on (s’)extirpe. Dans la douceur hideuse d’un démembrement disséminé. Regarde bien : l’excision mutilante d’un tissu de verbes pliés se suaire dans le mythe du texte. Ça dévoie dans l’incise.

Trop de distorsions. Il faut que ça casse.
Le rythme du divis comme scansion de devenir.
Les déchets s’embryonnent. Ils se détritus séminaux dans la caverne du livre.
C’est beau que ça résiste par delà l’abîme. Que ça se pathétique d’endurance haletée. Jusqu’à la chaophanie de l’interruption inordonnée. Jusqu’à la brisure orgiaque de l’aliénant du lien.

Il y a de l’autre.
Il y a de l’à.
Mais à condition de s’arracher du non-lieu de l’ourdissage…
Et de revenir, plus vite encore. Que ça frotte sans effriter. Que ça échauffe dans les forés pathologiques de la friction pure.
Que ça déchiquette les lambeaux de chutes.

Me scarifier.
Un défi au laminaire des tiédeurs proches.
Une cinglure de réel dans l’apeau de mon démonde