Aurélien Barrau • Le clinamen ne suffit pas

Trop de continu.
Même penché, ça proche.

La turbulence ne suffit pas.

L’hors est toujours trop loin de l’uncliné.
Il faut du deux, il faut du loin.

La larme n’éclot que quand elle décorps. Réussir à s’échouer.

Être de brisure. De souillure qui échappe au délice de son là.
Décliner, c’est encore trop près.
Rompre l’os de la langue et se mourir de sa moelle immonde. S’innerver de la lèpre disséminée des maux. Se repaître de phonèmes amputés. S’installer dans la césure interne avant que ça vers.

Né du bris.
Ex-pulsé de l’antre continué.
La coupure n’est jamais réversible. Le scalpel préexiste au cordon. Il est analytiquement contenu dans son concept. La section est première. Ça commence par la castraction.
L’effracturaction doit infecter le continuum pour détramer de dedans.

Tu flues, mon clinamen.
Tu fuis. Tu fends.
Tu te tort en tous les non-sens.
Tu aguiches les plans d’immondices.
Tu frôles les lignes de furie.
Tu fuis les espace-loin, tu t’ici dans l’incline.
Tu me gangrènes de trop touche.
Ça ne va pas suffire …

Je coupe.
Il pleure.
Ça mal.
Nous crevons d’être.

Il y a trop de nombres entre chaque. Ça se dense. Tous ces transcendants qui pontent les irrationnels … Comment rompre le surliant qui englue ? Comment préserver la rupture dans la pâte-monde qui englobe ? Extraction intérieure par la guillotine du trait. Et fraction.

Regarde, mon ange : ça taillade et ça dissèque. C’est là qu’on (s’)extirpe. Dans la douceur hideuse d’un démembrement disséminé. Regarde bien : l’excision mutilante d’un tissu de verbes pliés se suaire dans le mythe du texte. Ça dévoie dans l’incise.

Trop de distorsions. Il faut que ça casse.
Le rythme du divis comme scansion de devenir.
Les déchets s’embryonnent. Ils se détritus séminaux dans la caverne du livre.
C’est beau que ça résiste par delà l’abîme. Que ça se pathétique d’endurance haletée. Jusqu’à la chaophanie de l’interruption inordonnée. Jusqu’à la brisure orgiaque de l’aliénant du lien.

Il y a de l’autre.
Il y a de l’à.
Mais à condition de s’arracher du non-lieu de l’ourdissage…
Et de revenir, plus vite encore. Que ça frotte sans effriter. Que ça échauffe dans les forés pathologiques de la friction pure.
Que ça déchiquette les lambeaux de chutes.

Me scarifier.
Un défi au laminaire des tiédeurs proches.
Une cinglure de réel dans l’apeau de mon démonde

6 réflexions sur « Aurélien Barrau • Le clinamen ne suffit pas »

  1. Pascale

    Assemblage passionné, magnifiquement enchanteur, troublant, émouvant…brûlant et laissant comme une envie tranquille, cérébrale et même, musicale de le relire encore et encore. .. Cicatrice d’éblouissement de sens. ….sans dessus dessous…

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